Texte à méditer :  "Expose toi au Feu de l'Amour Divin, il brulera ta cage et libérera l'Oiseau de Feu que tu es" (Rumi)   
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Rose-Croix classique - Les Noces chymiques

LES NOCES ALCHIMIQUES
DE
CHRISTIAN ROSE-CROIX

Année 1459



Dévoilés, les mystères s'avilissent,Et profanés, ils perdent leur force.
Ne jette donc pas de perles aux pourceaux et ne fais point aux ânes une litière de roses.



Premier Jour

Un soir, la veille de Pâques, j'étais assis à ma table et, après m'être entretenu avec mon Créateur en une humble prière, selon mon habitude, et avoir médité beaucoup de grands mystères (par lesquels le Père de la Lumière m'avait amplement démontré Sa Majesté), j'allais préparer dans mon coeur, avec mon cher agneau pascal, un pur pain sans levain, quand, soudain, un vent si impétueux se leva que je crus voir voler en éclat sous sa violence la montagne dans laquelle ma maisonnette était nichée. Pourtant, comme rien de semblable ne m'était arrivé par le fait du diable (lequel m'avait tourmenté maintes fois), je repris courage et poursuivis ma méditation jusqu'au moment où, de façon inhabituelle, quelqu'un me toucha le dos, ce qui m'effraya au point que j'osai à peine tourner la tête; mais je ressentis de la joie, pour autant que la faiblesse humaine le permît en pareille circonstance.

Lorsqu'on m'eut tiré par mon habit à plusieurs reprises, cependant, je me retournai. Une merveilleuse forme d'apparence féminine se trouvait là, vêtue d'une robe bleue, somptueusement constellée d'étoiles d'or, comme le ciel. Dans sa main droite elle tenait une trompette d'or pur, sur laquelle était gravé un nom, que je parvins à lire mais qu'il m'est interdit de révéler; dans la main gauche, une grosse liasse de lettres écrites dans toutes les langues, qu'elle devait, comme je l'appris plus tard, porter dans tous les pays. Elle avait aussi des ailes, grandes et magnifiques, entièrement couvertes d'yeux, grâce auxquelles elle pouvait s'élever dans les airs et voler plus vite que l'aigle.

J'aurais peut-être pu observer d'autres détails la concernant,mais comme elle ne resta près de moi qu'un bref instant et que je n'étais pas encore revenu de mon effroi et de ma surprise, je dus y renoncer. A peine m'étais-je retourné qu'elle chercha dans sa liasse et trouva enfin une petite lettre qu'elle déposa avec respect sur la table; puis elle disparut sans mot dire. Mais en s'envolant, elle sonna si fort de sa belle trompette que le son résonna dans toute la montagne et que je restai dans l'impossibilité d'entendre mes propres paroles pendant près d'un quart d'heure.

Dans une aventure aussi imprévue, je ne savais vraiment pas que faire, malheureux que j'étais. Je tombai donc à genoux, priant mon Créateur de ne rien m'envoyer qui menaçât mon salut éternel; ensuite, plein d'angoisse et de crainte, je me tournai vers la lettre. Elle était si lourde que, d'or pur, elle n'aurait guère pesé plus. En l'examinant avec attention, je découvris qu'elle était fermée par un petit sceau,
sur lequel était finement représentée une croix, avec cette inscription: “In hoc signo + vinces” (Dans ce signe, tu vaincras). Cette découverte me rassura pleinement, je savais bien que le diable n'apprécierait pas ce cachet et qu'en outre, il ne lui servirait de rien. J'ouvris donc la petite lettre avec précaution et y trouvai écrits, en caractères d'or sur fond bleu, les vers suivants:

Voici le jour, voici le jour, pour celui qui peut se rendre aux Noces du Roi.
Si tu es né pour y prendre part,élu par Dieu pour la joie,tu peux gravir la montagne
où se dressent trois temples et y contempler le Prodige.
Sois vigilant, examine -toi, Si tu ne prends un bain de pureté,
les Noces, certes, te causeront dommage.
Qui ne se lave de ses péchés,sera trouvé trop léger.

En dessous figurait:
'Sponsus et Sponsa' (L'Epoux et l'Epouse)
A cette lecture, je faillis m'évanouir. Mes cheveux se dressèrent sur ma tête et une sueur froide m'inonda de toute part. Cas si je comprenais qu'il s'agissait des Noces promises, annoncées sept ans auparavant par une vision,attendues depuis longtemps avec un grand désir et prévues par des calculs et analyses poussées de mes positions planétaires, je n'avais pourtant jamais supposé qu'elles s'accompagneraient de conditions si sévères et si risquées.

Je m'étais imaginé jadis, en effet, qu'il suffirait d'y paraître pour y être un hôte bienvenu et estimé; or, maintenant, on me parlait d'un choix divin dont, pour ma part, je n'avais jamais été certain d'être l'objet. Je découvrais aussi, plus je m'examinais, qu'il n'y avait dans ma tête qu'incompréhension et aveuglement concernant les choses cachées; que je n'étais pas non plus capable de saisir les choses les plus simples, que j ' avais pourtant à faire chaque jour . Que j 'étais encore moins destiné par la naissance à percer les secrets de la Nature et à les pénétrer; à mon avis, Elle aurait pu trouver un disciple plus vertueux, à qui confier des trésors si pré cieux, fussent-ils soumis au temps et au changement.

Je découvrais en outre que mon corps, mon comportement extérieur et mon amour fraternel du prochain n'étaient pas encore vraiment purs et sans taches.
Il m'apparaissait enfin que l'aiguillon de la chair était toujours présent en moi, tourné surtout vers la considération et le luxe de ce monde et non vers le salut de mes semblables. De la sorte, je supputais sans cesse les moyens d'accroître rapidement mon profit personnel, d'édifier des constructions grandioses, d'immortaliser mon nom en ce monde, et entretenais bien d'autres pensées charnelles du même ordre.

Cependant, les paroles obscures relatives aux trois temples me préoccupaient particulièrement; je n'arrivais pas à les expliquer, même après mûres réflexions. Et peut-être n'y serais-je pas encore parvenu sans une miraculeuse révélation. Oscillant donc de la crainte à l'espoir, ne trouvant en moi qu'impuissance et faiblesse (de sorte qu'il était impossible de venir à mon secours et que l'invitation m'inquiétait), je finis par recourir à ma voie habituelle la plus sûre: avant de m'adonner au repos, faire la profonde et ardente prière que mon bon ange m'apparût, par décret divin, pour me guider dans mon incertitude, comme cela s'était déjà souvent produit auparavant; ce qui, Dieu soit loué, arriva sous forme d'un précieux et grave avertissement, pour mon bien et pour le bien du prochain. Sitôt endormi, j'eus l'impression de me trouver, avec d'innombrables autres hommes, dans la tour obscure d'une prison, attaché à de lourdes chaînes. Il n'y avait pas le moindre rayon de lumière, et nous grouillions comme un essaim d'abeilles, aggravant encore nos maux les uns les autres. Je n'y voyais pas plus que mes compagnons, cependant je percevais que certains s'efforçaient de s'élever pardessus les autres, quand leurs fers ou leurs chaînes étaient un tant soit peu plus légers.

Cela dit, personne n'avait beaucoup d'avantage sur les autres; nous étions comme une grappe de raisins, tous pendus les uns aux autres.
Étant restés longtemps ensemble dans cette misère, nous traitant mutuellement d'aveugles et de forçats, nous entendîmes enfin la sonnerie d'un grand nombre de trompettes, accompagnées de coups de timbales si alertes que cela nous réjouit et réconforta dans notre malheur.
Au son de cette musique, le couvercle de la tour fut soulevé et un peu de lumière tomba sur nous. Il aurait fallu voir alors cette bousculade ! Nous grouillions pêle-mêle, au point que celui qui s'était un peu élevé au-dessus des autres tombait sous leurs pieds. Chacun voulait la position la plus élevée, et moi-même, sans hésiter, malgré mes lourdes chaînes, je luttai pour me dégager et me hissai sur une pierre que j'avais pu atteindre. Mais là aussi, attaqué à plusieurs reprises, je me défendis de mon mieux, des pieds et des mains. Nous n'avions qu'une seule pensée: serions-nous tous libérés? Or il en alla tout autrement. En effet, les seigneurs qui nous regardaient d'en haut, par l'ouverture de la tour, s'étant quelque peu divertis de nos gémissements et frétillements, un vieillard aux cheveux blancs nous ordonna
de nous tenir tranquilles. Dès que nous eûmes obéi, il prononça les paroles  suivantes, pour autant que je m'en souvienne :

Si seulement le genre humain n'avait pas visé trop haut,il aurait reçu de grands biens, par la justice de ma Mère.
Puisqu'il n'en fait qu'à sa tête,il reste dans de grands tourments,et prisonnier de la nuit.
Or ma Mère bien-aimée ne veut pas voir qu'il a dévié.
Elle fait briller dans la Lumière les splendeurs de ses richesses; pourtant cela n'arrive que rarement,afin d'en montrer la réalité, sinon on n'y verrait qu'illusion.
En l'honneur de la fête, célébrée aujourd'hui,pour lui rendre mieux grâce,
une bonne oeuvre sera accomplie:une corde sera maintenant descendue.
Qui s'y accrochera,la liberté retrouvera.

Dès qu'il eut prononcé ces paroles, la vieille Dame ordonna à ses serviteurs de faire descendre sept fois la corde dans la tour et de remonter ceux qui y resteraient accrochés. Dieu me permette de décrire en détail l'agitation qui nous saisit: chacun voulait s'emparer de la corde et, par là même, empêchait les autres d'en faire autant. Cependant, sept minutes s'étant écoulées, une clochette donna un signal: les serviteurs hissèrent alors quatre personnes cette première fois. Perché sur une pierre contre la paroi de la tour, pour mon plus grand malheur, comme je l'ai déjà dit, j 'étais dans l'impossibilité de m'approcher de la corde, qui pendait au milieu, hors de ma portée.

On redescendit la corde une deuxième fois. Mais les chaînes de la plupart étaient trop lourdes et leurs mains trop faibles pour s'y tenir accrochés, de sorte qu'en tombant ils entraînaient beaucoup de ceux qui auraient peut-être pu s'y cramponner. Plus d'un, oui, furent décrochés par d'autres qui n'étaient pas parvenus à se hisser, tant nous étions envieux les uns des autres dans notre grande misère. Mais j'avais surtout pitié de ceux dont le poids était si grand qu'ils eurent les mains arrachées et ne purent donc pas remonter.

Ainsi advint-il que, les cinq premières fois, un petit nombre seulement fut ramené. En effet, le signal sitôt donné, les serviteurs halaient la corde si vite que la plupart retombaient les uns sur les autres. La cinquième fois, d'ailleurs, la corde remonta à vide. Aussi la majorité d'entre nous, dont j'étais, commencions à désespérer d'être délivrés et implorions Dieu d'avoir pitié de nous et de nous libérer de ces ténèbres; sur quoi, quelques-uns furent exaucés . Car, lorsque la corde redescendit pour la sixième fois, plusieurs s'y agrippèrent fermement et, lorsqu'elle se balança en remontant, elle s'approcha aussi de moi, sans doute par la volonté divine.

En hâte, je la saisis, de sorte que je me trouvai au-dessus de tous les autres et qu'ainsi, contre toute attente, je sortis enfin de la tour. Mon bonheur était si grand que je ne sentis pas la blessure qu'une pierre pointue m'avait faite à la tête, dans la remontée, avant d'avoir aidé à hisser la corde pour la septième et dernière fois (comme cela s'était fait toutes les fois précédentes). L'effort fit couler le sang sur mes vêtements mais, dans ma joie, je ne m'en aperçus point.

Lorsqu'on remonta la corde pour la dernière fois, le plus grand nombre y était enfin accrochés; alors la vieille Dame la fit emporter et enjoignit à son fils, un homme d'un grand âge (ce qui m'étonna beaucoup) d'envoyer un message aux autres prisonniers. Après un instant de réflexion, il dit ces mots:
Chers enfants ici rassemblés, ce qui était prévu depuis longtemps, est enfin accompli, et, par la Grâce de ma Mère, accordé à vos amis.
Ne soyez pas envieux de leur sort, un temps heureux va bientôt commencer, où tous les hommes seront égaux, et où il n'y aura plus ni pauvres ni riches.
Celui dont on exige beaucoup, devra beaucoup oeuvrer; Celui à qui il est confié beaucoup, devra montrer qu'il construit.
Laissez donc là vos lamentations: il n'y en a plus que pour quelques jours !
Ces paroles prononcées, le couvercle fut remis sur le puits et verrouillé, tandis que retentissaient à nouveau trompettes et timbales. Mais le son des instruments n'était pas assez puissant pour couvrir les lamentations des prisonniers de la tour, ce qui me fit venir les larmes aux yeux. Peu après, la Vieille Dame s'assit avec son fils sur des sièges disposés à cet effet et ordonna de compter les délivrés. Après avoir pris connaissance de leur nombre, elle l ' inscrivit sur une tablette jaune d'or et demanda le nom de chacun d'entre nous, qu'un page nota également. Puis elle nous regarda les uns après les autres et soupira en disant à son fils, de telle sorte que je pusse l'entendre clairement:

“ Ah ! que j ' ai pitié des pauvres gens de la tour. Plût à Dieu que j'eusse réussi à les délivrer tous !' Son fils répondit alors: 'Mère, Dieu en a disposé ainsi et nous ne saurions nous y opposer. Si nous étions tous des Seigneurs, possédant tous les biens de la terre, et étions assis à table, qui nous servirait le repas?” Après quoi la Mère se tut; mais elle reprit bientôt: “ Délivrons donc ces gens de leurs fers”, ce qui fut fait à l'instant. J'étais presque le dernier de la file et, à la différence des autres, je ne pus me retenir de faire une révérence à la Vieille Dame, et de remercier Dieu qui, par son intermédiaire, avait bien voulu, dans sa grâce paternelle, me porter des ténèbres à la lumière. D'autres suivirent mon exemple et s'inclinèrent devant la Vieille Dame. Enfin chacun se vit remettre, comme viatique, une médaille commémorative en or, où étaient gravés, d'un côté, le Soleil levant et, de l'autre - pour autant que je m'en souvienne - les trois lettres D L S (Deus Lux Solis: Dieu, Lumière du Soleil).

Chacun put ensuite prendre congé, retourner à ses occupations, avec cette mission: servir son prochain pour la gloire de Dieu et taire ce qui lui avait été confié. Nous en fîmes la promesse et nous séparâmes. A cause des blessures causées par mes fers, je n'avançais qu'avec peine et boitais des deux jambes. La Vieille Dame le remarqua aussitôt, se mit à rire, m'appela près d'elle et me dit: “ Mon fils, ne t'afflige pas de ton infirmité, mais souviens toi de tes faiblesses et remercie Dieu de te permettre d' avoir part, déjà en ce monde et malgré ton imperfection, à une Lumière si élevée; garde ces blessures pour l'amour de moi.”

A ce moment, la sonnerie de trompettes retentit à nouveau, ce qui m'effraya au point de me réveiller. Alors seulement je m'aperçus que tout n'avait été qu'un rêve, mais il était si profondément gravé dans ma conscience qu ' il continuait à me.préoccuper et que j'avais l'impression de sentir encore les blessures de mes pieds. Quoi qu'il en soit, je comprenais bien que Dieu me donnait d'assister à la célébration de Noces secrètes et mystérieuses; aussi, avec une confiance enfantine, je remerciai Sa Divine Majesté, la priant de me garder continuellement dans le respect que j'avais pour Elle, de combler journellement mon coeur de sagesse et de compréhension et de le guider, par Sa Grâce, jusqu'au But souhaité, sans mérite aucun de ma part.

Là-dessus, je me préparai au voyage, me revêtis de lin blanc et ceignis mes reins d'un ruban rouge sang, que je croisai sur mes épaules. A mon chapeau, je mis quatre roses rouges, pour me faire reconnaître plus facilement dans la foule.
Comme provisions, je pris, sur les conseils d'un sage, du pain, du sel et de l'eau, dont je me servis à des moments déterminés, non sans profit. Avant de quitter ma hutte, je tombai à genoux ainsi équipé de mes habits de Noces, priant Dieu de me guider, quoi qu ' il dût m ' arriver, vers une Bonne Fin. Et je promis à la face de Dieu que, si quelque chose m'était révélé par Sa Grâce, je ne l'emploierais point
pour obtenir honneur et prestige en ce monde, mais pour la gloire de Son Nom et au service de mon prochain. Après ce voeu, je quittai ma cellule dans l'espoir et la joie.



Deuxième Jour

Dès que je sortis de ma cellule et arrivai dans la forêt, il me sembla que le ciel entier et tous les éléments s'étaient parés pour ces Noces. A mon sens, les oiseaux chantaient plus joliment que jamais et les faons sautaient si gaiement alentour que mon vieux coeur bondit de joie et qu'entraîné par leur exemple, je me mis à chanter à pleine voix:
Réjouissez-vous, chers petits oiseaux, et louez votre Créateur.
Élevez votre chant si clair et pur, jusqu'à votre Dieu, au plus haut des cieux.
Il a déjà préparé votre nourriture, et vous la donnera en temps voulu;
acceptez-la tout entière avec reconnaissance.
A quoi bon vous affliger, et vous plaindre de ce que Dieu vous a faits petits oiseaux ?
Ne vous posez donc plus de questions.
l ne vous a point faits hommes?
Taisez-vous donc, tel était son sage désir,
Portez gaiement votre léger fardeau.
Et moi, alors, ver de terre,disputerai-je avec Dieu?
Avec violence, dans la tempête céleste,lutterai-je contre le Grand Art ?
Car nul ne contraint Dieu.
Ici, qui ne vaut rien, passe son chemin.
O hommes, soyez donc contents !
Il ne vous a pas faits empereurs ?
N'en soyez pas vexés.
Peut-être avez-vous offensé Son Nom ?
Pensez bien à cela.
L'oeil de Dieu défie toute obscurité,
Il voit jusqu'au tréfonds de votre coeur,
Veillez donc à ne jamais l'offenser !

Je chantais du fond du coeur, si bien que toute la forêt en résonnait et que les montagnes renvoyaient l'écho de mes dernières paroles. Enfin, j'aperçus une belle et verdoyante prairie. Sur quoi, je quittai la forêt et me dirigeai de ce côté-là.
Dans cette prairie se dressaient trois cèdres magnifiques si larges qu'ils offraient une ombre précieuse et bienvenue, ce dont je me réjouis fort, car, bien que je ne fusse guère avancé, mon ardent désir m'avait rapidement fatigué. Je me hâtai donc vers ces arbres pour m'y reposer quelque peu.

Dès que je me fus approché, mon regard tomba sur un écriteau fixé à l'un d'eux. J'y lus rapidement les mots suivants, tracés en lettres ornées:
« Dieu te protège, invité ! Si jamais la nouvelle des Noces royales est venue à tes oreilles, alors médite les paroles que voici:
Il existe quatre chemins, que l'Epoux te propose au choix par notre entremise. Ces quatre chemins mènent jusqu'au Château du Roi, à condition de ne pas s'égarer sur
des voies détournées .
Le premier est court mais périlleux, car il est plein d'écueils sur lesquels tu peux facilement échouer.
Le deuxième est plus long, à cause de ses longs détours, mais il est certain qu'il ne va pas dans la mauvaise direction. Il est plat et facile, à condition de ne dévier ni à droite ni à gauche, et cela à l'aide d'une boussole.
Le troisième est la vraie Voie royale, car il réconforte le coeur par toutes sortes de joies et de spectacles princiers.
Cependant, jusqu'à ce jour, un homme seulement sur des milliers est parvenu à le suivre.
Par le quatrième chemin, il n'a été permis à nul mortel d'atteindre le but, car sa puissance consume, et seuls des corps incorruptibles peuvent le supporter. Choisis donc lequel des trois tu veux suivre et n'en dévie plus.
Sache bien, cependant, que le chemin sur lequel tu poseras le pied t'est attribué par le destin inéluctable et aussi qu'il est interdit, au péril de ta vie, de revenir en arrière sur un seul de tes pas.

Voilà ce que nous voulions te faire savoir. Si tu prends à la légère ce sérieux avertissement, tu parcourras le chemin au milieu des plus grands dangers, avec force plaintes et lamentations. Si tu te sais coupable de la moindre infraction aux lois du Roi, fais demi-tour pour autant que cela soit possible et retourne en hâte chez toi, en reprenalnet chemin par lequel tu es venu ! »
Je n'avais pas plus tôt lu cet écriteau que toute ma joie disparut, et moi qui  hantais si gaiement un moment auparavant je commençai à pleurer amèrement.

Je voyais bien trois chemins devant moi et je comprenais qu'il me serait donné, le moment venu, d'en choisir un, mais je craignais de prendre celui qui était encombré de roches et de pierres et d'y trouver une mort lamentable; ou si c'était la longue route qui m'était dévolue, de m'égarer, ou encore d'avoir un accident au cours de ce lointain voyage; je ne pouvais pas non plus espérer être justement celui qui, parmi
des milliers, choisirait la Voie royale. Je voyais aussi devant moi le quatrième chemin, mais il était tellement environné de flammes et de vapeurs que je ne m'aventurai pas de son côté. Je me demandai longtemps si j'allais m'en retourner ou choisir l'une des quatre voies. Bien conscient de mon indignité, je me consolais sans cesse en pensant au rêve où j 'étais délivré de la tour, sans trop m'y fier pourtant. J'hésitai si longtemps entre toutes ces possibilités qu'un profond épuisement, ainsi que la faim et la soif surprirent mon corps. Je sortis donc mon pain et le coupai en morceaux. Ce que vit une colombe blanche comme neige, perchée sur un arbre, que je n'avais pas encore remarquée, et qui descendit comme elle le faisait peut-être souvent; elle se posa en toute confiance à côté de moi, je partageai donc mon pain avec elle. La colombe le prit et sa beauté me réconforta de nouveau un peu. Mais un corbeau noir, son ennemi, l'aperçut, fondit aussitôt sur elle, et comme ce n'était pas mon morceau de pain qu'il voulait mais le sien, elle ne put que prendre la fuite.

Ils s'envolèrent tous deux en direction du midi, ce qui m'attrista et me fâcha à tel point que, sans réfléchir, je pourchassai l'insolent corbeau et qu'ainsi je m'engageai contre ma volonté dans la voie prédestinée, sur la longueur d'un champ d'une acre environ, chassai le corbeau et délivrai la colombe. Alors je me rendis compte que j ' avais agi sans réfléchir et que j'étais déjà engagé sur un chemin qu'il m'était interdit de quitter sous peine d'un lourd châtiment. Je me serais consolé si, à mon grand regret, je n'avais pas laissé, au pied de l'arbre, mon baluchon avec mon pain, que je ne pouvais plus aller chercher. Car à peine me retournai-je que souffla dans ma direction un vent si violent qu'il manqua de me renverser. Cependant, si je continuais ma route, je ne le sentais pas du tout. J'en conclus aisément que me retourner contre le vent me coûterait la vie. Je pris donc patiemment ma croix sur mes épaules, me mis en route et décidai, puisqu'il devait en être ainsi, de tout mettre en oeuvre pour arriver encore avant la nuit.

Malgré de nombreuses bifurcations - vraisemblablement des détours - j'arrivais toujours à garder la bonne direction grâce à ma boussole, car je ne voulais pas dévier d'un pas du méridien, bien que le chemin fût parfois si rocailleux et encombré d'obstacles que j'avais souvent des doutes.
En marchant, je pensais continuellement à la colombe et au corbeau, sans en comprendre la signification. Enfin, je découvris dans le lointain, sur une haute montagne, un portail splendide, vers lequel je me hâtai, bien qu'il se trouvât loin, très loin de ma route, que le soleil disparût déjà derrière les montagnes et que je n'aperçusse au delà ni refuge ni abri. J'attribuai cela à Dieu seul, qui aurait tout aussi bien pu me laisser poursuivre ma route en frappant mes yeux de cécité afin que je ne visse pas le portail !
Comme je l'ai déjà dit, je me dépêchai et l'atteignis alors qu'il faisait encore jour; je pus donc examiner tout ce qui m'était nécessaire.
C'était un portail exceptionnellement beau, un portail royal, orné d'une multitude de scènes et de symboles gravés magnifiques, dont chacun, comme je l'appris plus tard, avait sa signification particulière. Tout en haut, était fixée une plaque d’assez grande taille portant cette inscription:
« Procul hinc procul ite, prophani ! »
(Éloignez-vous, si vous n'êtes pas digne !)
et d'autres paroles encore, qu'il m'est formellement interdit de révéler.

Dès que j'arrivai au portail, apparut subitement quelqu'un qui portait un vêtement bleu ciel; je le saluai aimablement. Il répondit à ma salutation mais exigea d'emblée ma lettre d'invitation. O que je fus content de l'avoir emportée avec moi ! J'aurais pu si facilement l'oublier, comme cela était arrivé à d'autres, à ce qu'il me dit. Je lui montrai rapidement la lettre et non seulement il en fut très content mais il me témoigna un grand respect, ce dont je m'étonnai fort, et me dit: « Entrez-donc, frère, vous êtes pour moi un hôte bienvenu ! ».
Ensuite, il me demanda de lui révéler mon nom, et quand je lui eus répondu que j'étais un frère de la Rose-Croix rouge, il fut très surpris et se réjouit en même temps. Il me demanda alors: « Frère, n'avez-vous rien pour vous acheter un insigne?». Je lui répondis que ma fortune était mince, mais que s' il trouvait sur moi quelque chose qui lui plût, il pourrait bien le prendre. Comme il désirait ma gourde d'eau, je la lui offris et il me donna en échange un insigne d'or, sur lequel étaient gravées deux leStt.rCe.s :( Spes, Charitas:
Espérance, Amour). Il m'adjura de penser à lui, car cela me serait très salutaire . Quand je lui demandai combien de personnes étaient entrées avant moi, il m'en informa .

Enfin, il me donna, par pure amitié, une lettre scellée pour le deuxième gardien . Comme je m'étais un peu attardé auprès de lui, la nuit était tombée entre temps, de sorte qu'on alluma bientôt, au dessus du portail, un grand récipient rempli de poix, afin que, si quelqu'un était encore en route, il pût se diriger vers lui. Le chemin qui menait directement au château était fermé des deux côtés par de hauts murs et planté de beaux arbres fruitiers de toutes espèces. En outre, de part et d'autre, se dressaient trois arbres, auxquels étaient accrochées des lanternes, dont toutes les lumières avaient déjà été allumées avec une torche splendide par une belle jeune fille également habillée de bleu. Spectacle si superbe et si exquis qu'il me retint plus longtemps que nécessaire.

Toutefois, après avoir reçu d'amples renseignements et des éclaircissements utiles, je pris cordialement congé du premier gardien. En cours de route, j'étais curieux de connaître le contenu de la lettre, mais comme je ne devais pas soupçonner le gardien de désobligeance, je contins ma curiosité et poursuivis ma route jusqu'à l'autre portail. Il était presque identique au premier, mais orné de sculptures différentes, d'une signification mystérieuse. Sur la plaque fixée en haut était écrit:
“Date et dabitur vobis ! '”(Donnez et il vous sera donné).

Sous le portail était couché un lion terrifiant attaché à une chaîne. Dès qu'il me vit, il se leva et me reçut avec de forts rugissements. Cela réveilla l'autre gardien, étendu sur un bloc de marbre, qui m'exhorta à n'avoir ni inquiétude ni peur, chassa le lion qui recula et prit la lettre que je lui tendis en tremblant. L'ayant lue, il dit avec un grand respect:
“Bienvenue, au nom de Dieu ! Vous êtes l'homme que, depuis longtemps déjà, j'aurais aimé rencontrer!” Il sortit en même temps un insigne en me demandant si j'avais de quoi l'échanger. Comme je n'avais rien d'autre sur moi que mon sel, je le lui offris et il l'accepta en me remerciant. Sur l'insigne, il n'y avait de nouveau que deux lettres: S.M. (Sal Menstrualis: Sel Purificateur) .

Alors que j'allais parler à ce gardien, une cloche se mit à tinter dans le Château, sur quoi il me conseilla vivement de me dépêcher, sinon toutes mes peines et tous mes efforts se révéleraient vains, car on commençait déjà, là-haut, à éteindre les lumières. Je m'exécutai si précipitamment que j'oubliai de lui dire adieu tellement j'étais effrayé, et à juste titre. En effet, je ne pus courir assez vite pour n'être pas rejoint pas la Jeune Fille. Comme toutes les lumières s'éteignaient derrière elle, je n'aurais jamais pu trouver le chemin si elle ne m'avait pas éclairé avec sa torche. Et c'est à peine si je pus me glisser à ses côtés pour entrer, car le portail se ferma si vite qu'un pan de mon manteau s'y trouva pris. Je dus  aturellement l'y laisser, car ni moi, ni ceux qui m'avaient obligeamment exhorté devant le portail ne purent convaincre le gardien de le rouvrir. Il assurait qu'il avait donné la clef à la Jeune Fille et qu'elle l ' avait emportée avec elle à la Cour.

Pendant ce temps, je contemplais ce portail. Il était si splendide qu'il n'avait pas son pareil dans le monde entier.
De chaque côté se dressait une colonne. Sur l'une, il y avait une statue au visage joyeux avec l'inscription:
Congratulor (je me réjouis avec toi).
Sur l'autre, une statue au visage triste avec l'inscription:
condoleo je souffre avec toi).
Bref, c'étaient des figures et des paroles si obscures et mystérieuses que même l'homme le plus instruit de la terre n'aurait su les interpréter. Cependant, si Dieu le veut, elles seront bientôt toutes mises en lumière et expliquées par moi.

A ce portail, je dus à nouveau donner mon nom; il fut inscrit en dernier sur un livret de parchemin, puis envoyé avec d'autres à l'Epoux. C'est alors seulement que le véritable insigne destiné aux invités me fut donné; il était plus petit que tous les autres, mais bien plus lourd. Il y figurait les lettres S.P.N. (Sponsi Praesentandi Nuptiis: celui-ci est, aux Noces, l'Invité de l'Epoux.
On me donna de plus une paire de souliers neufs, car le sol du palais était couvert de pur marbre clair. Je pus faire don à ma guise de mes vieux souliers à un des pauvres qui attendaient souvent, assis en bon ordre, près du portail. Je les donnai à un vieillard. Par la suite, deux pages portant des flambeaux me conduisirent dans une petite chambre, où l'on me fit prendre place sur un banc. Ils fixèrent leur torche dans deux trous du sol et disparurent, me laissant seul. Peu après, j'entendis du bruit mais ne vis rien. C'était quelques hommes, qui tombèrent sur moi. Comme je ne voyais rien, je dus me laisser faire et attendre ce qui allait m'arriver.
M'apercevant rapidement que c'étaient des barbiers, je leur demandai de ne pas me serrer si fort, car j'étais disposé à faire ce qu'ils voudraient. Ils me lâchèrent alors et l'un d'eux, que je ne pus voir, me rasa les cheveux en rond, très élégamment et proprement, au milieu du crâne, en laissant pendre sur mon front, à la hauteur des yeux et des oreilles, mes longs cheveux gris.
Je dois avouer qu'un tel début m'ôta presque tout courage.
En effet, comme ils me serraient fortement et que je ne voyais rien, j'en arrivais à croire que Dieu m'avait abandonné à cause de mon arrogance.

Cependant les barbiers invisibles ramassèrent soigneusement les cheveux rasés et les emportèrent avec eux. Sur quoi, les deux pages rentrèrent en riant de bon coeur de ce que j'avais eu si peur. A peine eurent-ils échangé quelques mots avec moi qu'une petite cloche retentit de nouveau, signalant qu'il fallait nous rassembler au dire des pages. Ils m'invitèrent à les suivre et m'éclairèrent le long de nombreux couloirs, portes et tournants, jusque dans une vaste salle.
Dans cette salle, il y avait une grande foule d'invités:
empereurs, rois, princes et seigneurs, nobles et bourgeois,riches et pauvres, ainsi que pas mal de gredins, ce qui m'étonna fort, et je pensai en moi-même: “Quel sot tu as été de t'être rendu la vie si amère et si aigre pour ce voyage !
Ces gens, tu les connais bien et tu ne les as jamais estimés. Et maintenant, ils sont là, eux aussi, alors que toi, avec toutes tes prières et tes supplications, c'est à peine si tu as pu rentrer le dernier ! “ Le diable me soumit ces pensées, et beaucoup d'autres, bien que je lui eusse montré la porte de mon mieux. Entre temps, plusieurs de ceux qui me connaissaient m'interpellaient: “ Eh bien, frère Rose-Croix. te voilà, toi aussi! “ “Oui, frère, répondais-je, la grâce de Dieu m'a permis, à moi aussi, d'entrer ici.” Sur quoi ils éclataient de rire, trouvant ridicule qu'une si mince affaire nécessitât l'aide de Dieu.

(texte non mis en forme)
...
Quand je demandais à chacun par quel chemin il était venu,
la plupart racontaient qu'ils avaient escaladé les rochers.
Alors, à coups de trompettes - dont on ne voyait aucune - le
signal fut donné de passer à table; sur ce, chacun alla
s'asseoir selon l'idée qu'il avait de valoir mieux que certains
autres, si bien qu'il ne resta, pour moi et quelques pauvres
compagnons, qu'une petite place au bas bout de la table.
Peu après, les deux pages rentrèrent et l'un prononça une
prière si belle et si admirable que mon coeur se réjouit
intérieurement. Quelques grands seigneurs n'y prêtèrent
guère d'attention; ils riaient entre eux, gesticulaient,
mordaient leur chapeau et faisaient bien d'autres pitreries.
Ensuite on servit le repas, et tout y était si soigneusement
ordonné, qu'il me sembla que chaque invité avait son propre
serviteur, bien qu'on n'en vît aucun. Dès que les plaisantins
furent quelque peu rassasiés et que le vin leur eut fait perdre
toute retenue, ils se mirent à se vanter et à fanfaronner. L'un
aurait fait ceci, l'autre cela, et les plus insignifiants criaient le
plus fort. Quand je repense aux choses impossibles et
surnaturelles dont j'entendis alors parler, je pourrais encore
m'en irriter. A la fin, ils ne restèrent même plus à leur place;
bientôt les beaux parleurs
se glissèrent, ici et là, entre les seigneurs. Ils se vantaient de
hauts faits qu'un Hercule ou un Samson, malgré toute leur
force, n'auraient pu accomplir. L'un voulait libérer Atlas de
son fardeau, l'autre arracher Cerbère tricéphale aux enfers.
Mals les grands seigneurs n'avaient pas la sottise de les
croire.
Les scélérats finirent par montrer tant d'audace que, bien
qu'on leur tapât de temps en temps sur les doigts avec les
couteaux, ils n'y faisaient pas attention et quand l'un d'eux eut
dérobé une chaîne en or, ils voulurent tous essayer d'en faire
autant. L'un prétendait entendre le bruissement du ciel, un
deuxième contempler les Idées de Platon, un troisième
dénombrer les atomes de Démocrite. Plusieurs avaient
même inventé le mouvement perpétuel. Il est vrai que
beaucoup me paraissaient intelligents mais,
malheureusement pour eux, ils avaient trop bonne opinion
d'eux-mêmes. Pour finir, l'un d'eux voulut tellement nous en
faire accroire qu'il prétendit voir ceux qui nous servaient. Il
aurait certainement continué ses vantardises, si l'un des
serviteurs invisibles ne lui avait administré une claque si
retentissante sur sa bouche pleine de mensonges que non
seulement lui, mais plusieurs à côté de lui en devinrent
muets comme des carpes.
Ce qui me plaisait beaucoup, néanmoins, c'était que tous
ceux qui m'avaient fait bonne impression gardaient
distinction et réserve dans leurs faits et gestes, ne parlaient
pas fort et reconnaissaient que, ignorants comme ils
l'étaient, les mystères de la nature leur paraissaient trop
grands et eux- mêmes trop petits.
Dans ce brouhaha, j 'en venais presque à maudire le jour qui
m'avait amené ici, constatant avec douleur combien les
personnages assis au haut bout de la table étaient
licencieux et légers, tandis que, dans mon coin discret, on ne
me laissait même pas tranquille, puisque l'un des coquins
m'avait insolemment traité de grand sot! A ce moment,
j'ignorais encore~qu'il y avait un autre portail à franchir je
supposais que, durant toutes les Noces, on me traiterait
ainsi de façon moqueuse, méprisante et indigne, ce que je
n'avais mérité ni de la part de l'Epoux, ni de la part de
l'Epouse. On aurait mieux fait de choisir un autre bouffon que
moi pour les Noces !
Voici à quelle impatience les contradictions de ce monde
peuvent conduire des âmes simples. En réalité, cela faisait
partie de l'infirmité que j'avais eue en rêve, comme je l'ai
relaté ci-dessus.
Les cris augmentaient toujours. Il y en avait aussi qui se
vantaient de visions fausses et imaginaires, et racontaient
des rêves effrayants et mensongers. Or, à côté de moi, était
assis un homme calme et distingué, qui parlait de temps à
autre de choses plus élevées. Il finit par dire: '”Voyez, frère, si
quelqu'un voulait ramener dans le droit chemin de pareils
obstinés, l'écouterait-on?”
“Certes, non, répondis-je.”
“ Ainsi le monde préfère à toute force être trompé, dit-il, et
refuse d'écouter ceux qui lui veulent du bien. Regardez plutôt
comment ce beau parleur-ci, avec ses sottises et ses
balivernes, tente d’attirer l' attention sur lui . Et comment cet
autre, là-bas, avec ses paroles étranges et mystérieuses, se
moque du monde. Mais, croyez-moi, le temps viendra où l'on
arrachera les masques à ces menteurs et où l'on montrera
au monde entier quels mystificateurs du peuple se cachent
derrière. Alors, peut-être, ceux que l'on n'estimait pas
auparavant seront-ils respectés.”
Comme il parlait et que le bruit croissait et empirait, une
musique plus belle et plus impressionnante que toutes
celles que j'avais entendues de ma vie s'éleva soudain dans
la salle. Chacun se tut alors dans l'attente de ce qui allait
arriver. La musique était exécutée sur tous les instruments à
cordes imaginables, si harmonieusement que je m'oubliai
moi-même dans une immobilité telle que mes voisins s'en
étonnèrent. Cela dura près d'une demi-heure, pendant
laquelle nul ne souffla mot, car dès que quelqu'un voulait
ouvrir la bouche, il recevait une tape inopinée, sans savoir
d'où elle venait. Comme nous ne voyions rien des
musiciens, je pensais à part moi combien j'aurais aimé
examiner tous les instruments dont ils se servaient. Au bout
d'une
demi-heure, la musique cessa subitement et il ne tut plus
possible de rien voir ni entendre.
Mais bientôt retentit, devant la porte de la salle, une éclatante
et retentissante sonnerie de trombones, trompettes et
timbales, cela aussi magistralement que si l'Empereur
Romain lui-même eût fait son entrée. Puis la porte s'ouvrit
d'elle-même et le fracas des trombones devint si puissant
qu'il était à peine supportable.
En même temps, des milliers de lumières, me sembla-t-il,
pénétrèrent dans la salle, se portant d'elles-mêmes en avant
dans un ordre si parfait que nous en fûmes extrêmement
impressionnés; enfin les deux pages dont nous avons déjà
parlé entrèrent avec des torches flamboyantes, éclairant une
belle Jeune Fille assise sur un trône d'or, magnifique et
triomphal, qui avançait de lui-même. J'eus l'impression que
c'était la même qui, tout à l'heure, sur la route, avait allumé
puis éteint les lumières, et ses serviteurs, ceux qu'Elle avait
postés près des arbres. Cependant, Elle n'était plus habillée
de bleu, mais d'un vêtement d'un blanc de neige
éblouissant, scintillant d'or pur et si rayonnant que nous
osions à peine La regarder. Les deux pages étaient
habillés de même, quoiqu'un peu plus simplement.
Sitôt arrivée au milieu de la salle, la Jeune Fille descendit de
son trône et toutes les lumières s'inclinèrent devant Elle.
Nous nous levâmes tous de nos bancs, mais en restant
chacun à notre place. Quand nous nous fûmes inclinés, Elle
devant nous, nous devant Elle, et salués les uns les autres
respectueusement, Elle commença à parler en ces termes,
d'une voix suave:
« Le Roi, mon gracieux Seigneur,
vous attend maintenant non loin d'ici,
ainsi que sa Fiancée qui, pour la Vie,
Lui a déjà accordé sa main.
Longtemps ils vous ont attendus,
et ont tout préparé pour votre venue.
A chacun, suivant ses moyens,
ils montrent grand respect et compassion,
et souhaitent du fond du coeur,
vous libérer de toute douleur,
afin que les prochaines Fêtes nuptiales,
guérissent chacun de ses souffrances.»
Après quoi, Elle s'inclina de nouveau gracieusement, avec
toutes ses lumières, et reprit aussitôt:
La lettre qui vous a invités,
interdit clairement de paraître ici
à tout homme que les Forces de Dieu
n'ont pas depuis longtemps
favorisé de leurs dons,
et qui, plein d'aspiration,
n'est pas déjà par Elles enveloppé;
bien que personne, assurément,
n'ait l'audace et l'arrogance de penser
Que, sans ces dons de Dieu,
on puisse, dans la salle des Noces, se
présenter.
Donc, à qui se trouve dans le Champ du Bien,
sont promis tous les biens.
Réjouissez vous qu'en ces temps difficiles,
nombreux soient ceux, ici, que ce sort attend.
Certains sont endurcis et grossiers,
Plus rien ne les touche dans la matière.
Ils pénètrent ici dans des lieux
Où ils n'ont strictement rien à faire.
Afin qu'aucun imposteur ne se trouve ici,
que nul coquin n'aveugle les autres,
et que, dans le calme, sans trouble,
vous soyez élus pour les Noces très pures,
Il faudra, demain, supporter
que chacun de vous soit pesé,
et que soit clairement mesuré
ce qu'en soi chacun a oublié.
S'il y a quelqu'un dans le groupe
que cet Appel doive troubler,
qu'il se place sur le côté,
sans attendre plus longtemps.
Pour lui, la Grâce est perdue,
Demain il sera entendu.
Celui dont la conscience a quelque chose à
dire,
de la salle ne sera pas dérangé,
demain on lui rendra la liberté:
qu'il ne revienne plus dans cette vie.
Que celui qui regarde son passé sans trouble,
sorte avec son serviteur,
qui lui montrera la chambre,
où il pourra passer la nuit.
Qu'il se dirige vers la balance,
l'âme apparemment sereine,
Sinon son sommeil sera accablant,
et il s'en apercevra rapidement.
Les autres restent ici cette nuit;
celui qui présume de ses forces,
qu'il parte, c'est préférable,
afin que tout aille au mieux pour chacun !
Sitôt ces paroles prononcées, la Jeune Fille s'inclina de
nouveau et se rassit gaiement sur son siège. Puis les
trompettes résonnèrent encore une fois, ce qui n'empêcha
pas certains de pousser un profond soupir.
Ensuite les lumières furent emportées, encore une fois
invisiblement, mais un grand nombre restèrent dans la pièce
et s'approchèrent de nous: une lumière pour chacun d'entre
nous.
Notre désarroi était si grand que je puis à peine décrire
quelles pensées et mimiques mélancoliques furent
échangées. Cependant, la plupart d'entre nous projetèrent
d'attendre la pesée, espérant, si cela finissait mal, pouvoir
repartir en paix.
Je pris rapidement ma résolution: comme ma conscience
m'assurait de ma stupidité et de mon indignité, je décidai de
rester avec les autres dans la salle et de me contenter du
repas offert, plutôt que d'attendre un échec imminent, avec
les dangers correspondants. Après que tous eurent été
conduits par leur lumière quelque part dans une chambre
(chacun séparément comme je l'appris par la suite), nous
restâmes neuf, dont notamment celui qui m'avait parlé à
table.
Malgré tout, nos lumières ne nous quittaient pas. Bientôt, un
des pages déjà nommés entra avec un gros paquet de
cordes et nous demanda gravement si nous étions décidés
à rester ici. Quand nous eûmes acquiescé en soupirant, il
attacha chacun de nous dans un endroit déterminé, puis
disparut avec nos lumières, nous abandonnant, misérables
que nous étions, dans l'obscurité.
Pour beaucoup, la mesure était pleine et je ne pus moimême
retenir mes larmes . Car, bien qu' il ne fût pas interdit
de se parler, les mots nous manquaient pour exprimer notre
tristesse et notre douleur. Les cordes étaient faites de
manière étonnante: il était impossible de les couper et
encore moins d'en libérer ses pieds. Je ne pouvais pas non
plus me consoler avec la pensée que de grands affronts
attendaient ceux qui étaient allés prendre du repos, alors
que nous, nous étions en mesure de payer notre audace en
une nuit. Je finis par m'endormir sur des pensées
mélancoliques. En effet, si bien peu d'entre nous parvinrent à
fermer les yeux, je ne pus m'empêcher de sombrer dans le
sommeil à cause de ma fatigue . En dormant, je fis un songe
et, quoi qu' il ne signifie pas grand chose, il ne me semble
pas superflu de le raconter.
Je rêvai que j'étais sur une haute montagne. Devant moi je
voyais s'étendre une grande vallée, où s'entassait une foule
innombrable d'êtres humains. Chacun était suspendu au
ciel par un fil à la tête. L'un était accroché haut, l'autre plus
bas, plusieurs même étaient encore à terre. Un vieillard
volait alentour dans l' air, tenant dans ses mains des
ciseaux, avec lesquels il coupait un fil par-ci, un fil par-là.
Ceux qui pendaient près de la terre tombaient vite et sans
bruit, mais si c'était le tour de quelqu'un qui pendait haut, sa
chute
faisait trembler la terre. Certains avaient la chance d'avoir un
fil qui s'étirait, en sorte qu'ils arrivaient de nouveau sur terre
avant qu'il fût coupé. Leurs cabrioles m'amusaient beaucoup
et je me réjouissais fort quand l'un de ceux qui s'étaient
maintenus longtemps dans le ciel pour échapper aux Noces,
retombait honteusement en entraînant quelques voisins
dans sa chute.
Je me réjouissais aussi, quand quelqu'un qui était toujours
maintenu près de la terre, disparaissait avec une discrétion
si merveilleuse que ses voisins eux-mêmes ne s'en
apercevaient pas. Au plus fort de ma gaieté, un de mes
compagnons d'emprisonnement me heurta, ce qui me
réveilla, mais je ne tins pas à parler. Je réfléchis cependant
à mon rêve, et le racontai à mon frère couché près de moi,
de l'autre côté. Il lui plut beaucoup, espérant qu'il recelait
pour nous un réconfort.
Tout en parlant ainsi, nous passâmes le reste de la nuit
dans l'attente impatiente du jour.
Troisième Jour
Dès que le jour radieux eut commencé à poindre et que le
soleil brillant, montant au-dessus des montagnes, eut
repris la tâche à lui confiée dans le haut du ciel, mes
compagnons de combat se levèrent aussi et commencèrent
à se préparer peu à peu en vue de l'épreuve. L'un après
l'autre ils revenaient dans la salle, nous souhaitant bonjour
et nous demandant comment nous avions dormi pendant la
nuit.
A la vue de nos cordes, beaucoup riaient de ce que nous
eussions capitulé si lâchement et non pas préféré tenter
notre chance, à tout hasard, comme eux; cependant
quelques-uns, dont le coeur battait la chamade, se gardaient
d'en parler tout haut. Nous nous excusâmes de notre
sottise,espérant être bientôt délivrés, et justifiés en dépit de
leurs railleries; d'ailleurs ils n'étaient pas encore hors
d'affaire, et le plus grand des dangers les guettait peut-être.
Quand tous furent rassemblés, trompettes et timbales
retentirent une nouvelle fois, comme la veille, et nous ne
pûmes nous empêcher de penser que l'Epoux - la plupart
d'entre nous ne l'avaient pas encore aperçu - allait
maintenant se présenter. Mais c'était à nouveau la Jeune
Fille de la veille, tout habillée de velours rouge et ceinturée
de blanc.
Sur la tête, elle portait une verte couronne de laurier, qui lui
allait à merveille. Cependant, ce n'étaient plus les petites
lumières qui l'escortaient, mais environ deux cents hommes
armés, habillés comme Elle de rouge et de blanc. A peine
levée de son trône, Elle vint droit vers nous, les prisonniers,
nous salua et nous adressa brièvement ces paroles:
“Que quelques-uns parmi vous soient conscients de la
misère de leur état, mon exigeant Seigneur s'en réjouit fort
et il en tiendra compte en leur faveur.”
M'apercevant dans mon habit, elle rit et dit: “Tiens, te voici
donc, toi aussi, sous le joug ? Et moi qui pensais que tu
t'étais équipé avec tant de soin !”
Ces paroles m'arrachèrent les larmes des yeux. Puis Elle
ordonna de nous détacher et de nous regrouper dans un
endroit d'où nous verrions bien la balance. Ensuite, Elle dit:
“Il se pourrait que cela finît mieux pour vous que pour tel ou
tel audacieux qui se trouve ici encore sans liens.”
Pendant ce temps, une balance tout en or était suspendue
au milieu de la salle, à côté de laquelle on dressa une petite
table recouverte de velours rouge où sept poids furent
placés: d'abord un poids assez gros, puis quatre plus petits,
à part; enfin encore deux gros, également à part.
Proportionnellement à leur volume, ces poids étaient d'une
lourdeur telle que personne n'eût pu le croire ni le
comprendre.
Tous les hommes armés portaient, outre une épée nue, une
corde solide. Ils furent rangés en sept groupes,
conformément au nombre des poids, et dans chaque
groupe, un homme fut choisi pour chaque poids.
Alors la Jeune Fille s'élança de nouveau sur son trône élevé,
fit une révérence et parla aussitôt d'une voix puissante:
Qui entre dans l'atelier d'un peintre
Et, sans rien comprendre à la peinture,
En parle avec emphase et importance,
Est l'objet de maintes railleries.
Qui s'introduit dans l'Ordre des artistes,
Sans pour autant y être élu,
Et joue l'artiste plein d'importance,
Mérite les railleries qui l'attendent.
Qui se présente ici aux Noces
Sans jamais avoir été invité,
Et entre plein de vaine importance
Est reçu par des railleries.
Qui monte alors sur la balance,
Et, soulevé par les poids,
Vole en l'air avec violence,
Sait que chacun rit de lui.
Ces paroles à peine dites, Elle ordonna aux pages de
mettre tout le monde en rang et de faire monter chacun à
tour de rôle sur la balance.
Aussitôt un des empereurs, dans son habit d'apparat, après
une révérence à la Jeune Fille, grimpa sur un plateau. Alors
chaque chef de groupe posa son poids sur l'autre plateau,
ce à quoi l'empereur résista, à l'étonnement général. Mais le
dernier poids fut trop lourd et il s'éleva haut en l'air, à sa
grande tristesse. Il me sembla que cela provoqua la pitié de
la Jeune Fille, qui fit signe aux siens de se taire; le bon
empereur fut attaché, on le confia au sixième groupe. Après
lui un autre empereur prit fièrement place sur la balance,
non sans avoir dissimulé sous son habit un gros livre épais,
pensant ainsi ne pas devoir échouer. Il résistait de justesse
au troisième poids quand il fut impitoyablement entraîné
vers le haut; dans sa frayeur, le livre lui échappa, tous les
soldats se mirent à rire et il fut livré, attaché, au troisième
groupe.
Il en alla encore de même pour d'autres empereurs, qui
furent tous honteusement raillés et ficelés. Ensuite parut un
petit homme à la barbe brune et frisée, également
empereur, qui, après la révérence habituelle, monta lui
aussi sur le plateau. Il résista si fermement que même si
les poids avaient été plus nombreux, il n'aurait pas bougé, à
mon avis. La Jeune Fille se leva aussitôt, s'inclina devant lui,
lui fit revêtir un habit de velours rouge, lui tendit une branche
de laurier, dont Elle avait à profusion sur son siège, et l'invita
à s'asseoir sur les marches de son trône.
Il serait trop long de raconter ici tout ce qui arriva aux autres
empereurs, rois et seigneurs; mais je ne peux passer sous
silence que, contre mon attente, peu nombreux furent les
nobles personnages qui triomphèrent de l'épreuve, tout
parés qu'ils fussent de maintes vertus. L'un résistait à ce
poids-ci, l'autre à ce poids-là; quelques-uns à deux, et
d'autres encore à trois, quatre ou même cinq poids;
cependant, rares furent ceux qui vinrent à bout de l'épreuve.
Tous ceux qui échouaient étaient durement raillés par les
groupes .
Après que les nobles, les savants et d'autres eurent passé
l'épreuve, on ne trouva dans leurs groupes qu'une ou deux
personnes, le plus souvent aucune, qui résistât à tous les
poids. Finalement, ce fut le tour des pieux messieurs,
mystificateurs du peuple, et des faiseurs de fausses 'pierres
des Sages'. On les plaça sur la balance avec tant de
moqueries que moi-même, malgré ma tristesse, je ris à
m'en faire éclater le ventre, et que même les prisonniers ne
pouvaient s'empêcher de s'esclaffer. La plupart n'eurent pas
besoin d'attendre le jugement du tribunal; ils furent chassés
de la balance à coups de fouet et de cravache, et menés
vers les autres prisonniers, chacun dans son groupe.
De la foule, il resta si peu de gens que j'ose à peine en dire
le nombre; parmi eux se trouvaient pourtant de hauts
personnages; tous furent honorés d'un habit de velours et
d'une branche de laurier.
L'épreuve terminée, il ne restait, dans un coin, que nous, qui
avions les mains attachées; alors l'un des capitaines
s'avança et dit: “Noble Dame, s'il plaît à votre Grâce, ne
pourrait-on peser ces gens qui reconnaissent leur sottise,
par simple divertissement et sans danger pour eux, pour
voir si, par hasard, il n'y aurait pas quelqu'un de bon parmi
eux ?'”
Pour commencer, cela m'inquiéta fort car, dans mon
épreuve, cela me consolait de n'avoir pas à subir de honte ni
à être chassé du plateau à coups de fouet. Je ne doutais
pas, en effet, que beaucoup de prisonniers regrettaient de
n'être pas plutôt restés dix nuits avec nous dans la salle.
Mais comme la Jeune Fille donnait son assentiment, la
chose devait se faire; nous fûmes délivrés de nos liens et
placés un à un sur le plateau. Beaucoup échouèrent, mais
ni raillés ni battus ils furent tranquillement conduits à l'écart.
Mon compagnon était le cinquième, il tint bon, alors nous
l'acclamâmes, en particulier le capitaine qui avait intercédé
pour nous, et la Jeune Fille lui accorda les honneurs
habituels. Ensuite deux furent jetés en l'air à nouveau. Quant
à moi, j'étais le huitième. Dès que, tout tremblant, j'eus
grimpé sur le plateau, mon compagnon déjà assis là-bas
dans son habit de velours me regarda d'un air bienveillant et
la Jeune Fille elle-même esquissa un sourire. Je résistai à
tous les poids, alors la Jeune Fille ordonna de me soulever
par la force et trois hommes se suspendirent à l'autre
plateau, sans résultat. Sur quoi l'un des pages se leva d'un
bond et cria le plus fort qu'il put: “C'est lui!” Et l'autre reprit:
“Rendons-lui la liberté”, ce que la Jeune Fille accepta .
Après m'avoir admis avec les cérémonies voulues, on
m'accorda de libérer l'un des prisonniers de mon choix. Je
n'eus pas besoin de réfléchir longtemps, je choisis le
premier empereur, dont j'avais eu pitié depuis le début. Il fut
aussitôt mis en liberté et se joignit à nous avec tous les
honneurs. Lorsque le dernier fut pesé et trouvé aussi trop
léger, la Jeune Fille aperçut les roses que j'avais ôtées de
mon chapeau et tenais à la main; Elle me fit gracieusement
demander par son page de les lui offrir, ce que je fis
volontiers .
Ainsi le premier acte se termina à dix heures du matin et les
trompettes, que nous ne voyions toujours pas, retentirent
une nouvelle fois.
Pendant ce temps, les soldats durent se retirer avec les
prisonniers, dans l'attente de la sentence. Un jury fut formé,
comprenant sept capitaines et nous mêmes, avec la Jeune
Fille comme présidente, et nous convînmes que chacun
dirait son avis concernant le sort des prisonniers. La
première idée fut de les mettre tous à mort plus ou moins
cruellement, dans la mesure où ils avaient contrevenu aux
exigences posées. D'autres voulaient les garder
prisonniers. Mais ces deux propositions ne plurent ni à la
présidente ni à moi. Finalement l'affaire fut résolue par
l'empereur que j'avais libéré, par un autre prince, par mon
compagnon et par moi-même de la manière suivante: en
premier lieu, les seigneurs les plus éminents seraient
conduits hors du château discrètement; on pourrait mettre
les autres dehors avec plus de moqueries, les déshabiller
et les laisser courir tout nus; les derniers seraient fouettés,
ou chassés par des chiens.
On laisserait partir sans nulle sanction ceux qui, la veille,
avaient capitulé de leur propre chef; toutefois les impudents
et ceux qui, au cours du repas de la veille, s'étaient conduits
de façon indécente, seraient punis dans leur corps et dans
leur âme, selon leur comportement.
Cette proposition plut à la Jeune Fille et obtint la majorité. En
outre, on servirait encore un repas à tous, ce dont on les
informa aussitôt. L'annonce de la sentence fut reportée à
midi. Ainsi prit fin le conseil.
Alors la Jeune Fille se retira avec sa suite à l'endroit
habituel; dans la salle, on nous indiqua la table supérieure,
en nous priant de nous en contenter jusqu'à la fin de toute
l'affaire. Ensuite nous serions conduits vers l'Epoux et
l'Epouse et, dans cet espoir, nous attendîmes
tranquillement ce moment.
Entre temps, les prisonniers étaient ramenés dans la salle
et placés chacun selon son rang. On leur ordonna de se
conduire plus convenablement que la veille, conseil
superflu, le courage les avait depuis longtemps
abandonnés. Par souci de vérité et sans flatter quiconque, je
dois témoigner qu'en général ce furent les grands
personnages qui surent le mieux s'accommoder de cette
situation inhabituelle. Leur comportement, il est vrai, était
maladroit mais sincère. Ils ne voyaient toujours pas les
serviteurs, alors qu'ils nous étaient maintenant visibles, ce
dont je me réjouissais fort. Si élevés que nous fussions par
la fortune, nous ne nous en flattions pas devant les autres,
mais nous nous adressions à eux et les encouragions: les
choses ne tourneraient pas si mal à leur égard ! Ils eussent
volontiers pris connaissance de la sentence, mais on nous
avait si formellement interdit d'en parler que nul ne laissa
échapper un mot. Nous les consolâmes donc de notre
mieux, buvant avec eux afin que le vin les égayât un peu.
Notre table était recouverte de velours rouge et garnie de
gobelets d'argent et d'or pur, ce que les autres observaient
avec surprise et douleur. Avant de prendre place, les deux
pages entrèrent et remirent à chacun de nous, au nom de
l'Epoux, la Toison d'Or surmontée du Lion Ailé, en nous
demandant de les porter à table et d'honorer ainsi le nom et
la dignité de l'Ordre (où sa Majesté nous recevait aujourd'hui
et dans lequel Elle nous confirmerait bientôt avec la
solennité requise). Nous acceptâmes cette distinction avec
la plus grande humilité, promettant de faire, avec
obéissance, tout ce qui plairait à sa Majesté. Le page avait
aussi une liste sur laquelle nous étions inscrits dans un
ordre précis; et si je tais ici mon rang, c'est de crainte de me
rendre peut-être coupable d'orgueil, ce qui signifierait
commettre une faute contre le quatrième poids.
Notre repas étant très copieux, nous demandâmes à l'un
des pages s'il n'était pas permis d'en donner une petite
portion à nos amis et connaissances parmi les condamnés.
Il nous l'accorda sans objection et chacun de nous les fit
servir abondamment par ses serviteurs. Ils ne pouvaient
pas voir ces derniers, ils ne savaient donc d'où cela leur
venait et je voulus apporter moi-même quelque chose à l'un
d'eux. A peine m'étais-je levé qu'un serviteur vint derrière moi
me dire qu'il souhaitait amicalement me mettre en garde,
car si un page me voyait, il le rapporterait au roi, ce qui me
coûterait certainement très cher. Mais comme il était le seul
à l'avoir vu, il ne me trahirait pas si, par la suite, je respectais
mieux la dignité de l'Ordre. Par ces mots, il me remit si bien
à ma place que pendant un bon moment, je n'osai plus
bouger sur ma chaise. Je le remerciai néanmoins du mieux
que je pus de ce loyal avertissement, pour autant que j'y
songeai dans ma hâte et ma frayeur.
Peu après retentit de nouveau la sonnerie de trompettes.
Nous savions déjà par expérience qu'elle annonçait la
Jeune Fille et nous nous préparâmes à l'accueillir. Elle
rentra, avec sa suite habituelle, assise sur son trône élevé;
les deux pages la précédaient portant, l'un une coupe d'or, et
l'autre un document sur parchemin. S'étant levée avec grâce,
Elle prit la coupe des mains du page et nous la tendit en
disant qu'elle nous était envoyée au nom et sur l'ordre de sa
Majesté, avec prière de la faire circuler en son honneur. Son
couvercle portait une Fortune en or, moulée avec art, tenant
dans la main une banderole rouge flottante; à cette vue, je
bus avec moins de bonne humeur car je connaissais
suffisamment la cruauté de Dame Fortune.
La Jeune Fille était décorée comme nous de la Toison d'Or
et du Lion, d'où je conclus qu'Elle était sans doute la
présidente de l'Ordre. Nous lui demandâmes le nom de cet
Ordre, mais Elle répondit que le moment de le révéler ne
viendrait qu'une fois l'affaire des prisonniers réglée. Pour
cette raison, leurs yeux restaient fermés; en effet, ce qui
nous arrivait ici ne pouvait que les irriter et les offusquer,
quoique ce ne fût rien en comparaison de l'honneur qui
nous attendait.
Puis Elle reçut des mains de l'autre page l'acte divisé en
deux parties. Au premier groupe, on lut à peu près les
choses suivantes: 'lls devaient reconnaître avoir cru trop à la
légère en des livres mensongers et avoir eu trop bonne
opinion d'eux-mêmes, c'est pourquoi ils étaient venus au
château sans jamais avoir été invités. Peut-être la plupart
avaient-ils même eu l'intention, une fois à l'intérieur, de
frapper un grand coup, afin de vivre ensuite dans une gloire
et un luxe plus grands. De la sorte, les uns avaient entraîné
les autres, leur fraisant subir ainsi tant de honte et de
moqueries qu'ils méritaient d'être gravement punis.’
Ils le reconnurent alors, humblement, en tendant la main,
après quoi l'on s'adressa avec sévérité à l'autre groupe à
peu près en ces termes: 'C'est en toute connaissance de
cause et conviction intérieure qu'ils avaient fait des livres
mensongers, pleins de pures inventions, trompé et dupé
autrui en sorte qu'ils avaient attenté, dans beaucoup, à la
dignité royale. Ils savaient pertinemment quelles images
sacrilèges et séductrices ils avaient forgées, n' ayant même
pas épargné la Trinité divine, utilisée par eux pour berner
tout le monde. On voyait maintenant clairement par quelles
pratiques ils avaient tenté de fourvoyer des hôtes sincères et
d'égarer les ignorants. Tout le monde savait aujourd'hui
qu'ils s'étaient rendus ouvertement coupables d'impudicité,
de prostitution, de débauche et d'autres impuretés, toutes
choses contraires à l'ordre public de notre Royaume. Bref,
ils savaient très bien avoir porté atteinte à la Majesté Royale
jusque dans le menu peuple; c'est pourquoi ils devaient
reconnaître comme avéré qu' ils étaient des traîtres, des
misérables et des scélérats, méritant d'être punis et
séparés des hommes convenables.'
Ceux qui savaient jouer la comédie se refusaient à cet aveu,
mais comme la Jeune Fille les menaçait de mort par
serment, et qu'en outre l'autre groupe s'emportait
violemment contre eux, les accusant à l'unanimité de les
avoir malignement écartés de la Lumière, pour éviter le pire,
et contraints par les circonstances, ils finirent par
reconnaître leurs fautes. Ils ajoutèrent que ce qui s'était
passé ne devait pas leur être trop lourdement compté, leurs
victimes étant des seigneurs désireux d'entrer dans le
château à tout prix et qui, à cette fin, leur avaient promis de
fortes sommes d'argent. Tous les coupables avaient donc
rivalisé de ruse pour obtenir leur part. Voilà ce qui s'était
passé, mais comme ils avaient échoué, ils estimaient
n'avoir pas fait plus de mal que les seigneurs. Si ces
derniers n'avaient pas cru que l'un d'entre eux, au moins,
réussirait à entrer, ils n'auraient pas escaladé avec eux les
murs à leurs risques et périls pour si peu. On avait acheté
leurs livres avec tant d'empressement que ceux qui ne
pouvaient subsister autrement, étaient bien forcés de
commencer par ce genre de tromperie. Ils espéraient donc
que, en toute équité, on ne le leur imputerait pas à mal, qu'
ils avaient, comme il sied a des serviteurs, servi les
seigneurs à leur demande expresse. Ils tentaient de se
disculper par des discours de ce genre. On leur répondit,
néanmoins, que sa Majesté Royale avait décidé de les punir
tous les uns plus durement que les autres. Ce qu'ils
invoquaient pour leur défense était vrai en partie (et de ce fait
les seigneurs n'échapperaient pas à la punition) mais ceux
qui s'étaient présentés avec tant d'impudence et avaient
sans doute séduit des ignorants contre leur volonté,
devaient se préparer à la mort; le même sort attendait ceux
qui, par la lecture de livres trompeurs, avaient offensé sa
Majesté Royale, ce qui ressortait clairement de leurs
propres écrits et ouvrages.
Sur ce, beaucoup commencèrent à se lamenter
pitoyablement. Ils se jetèrent à genoux, pleurant, gémissant,
suppliant mais en vain. J'étais fort surpris que la Jeune Fille
pût rester si impassible devant eux; en effet (quoi que la
plupart nous eussent causé maintes douleurs et
souffrances) leur misère éveillait notre pitié à tous et nous
émouvait jusqu'aux larmes. Elle renvoya rapidement son
page. Celui-ci revint avec tous les cuirassiers qui se
tenaient ce jour-là autour de la balance. On ordonna à
chacun de rassembler les siens et de les conduire en bon
ordre dans le grand jardin de la Jeune Fille; cela en sorte
qu'un cuirassier marchât toujours à côté d'un prisonnier. Je
fus étonné que chacun reconnût le sien si facilement.
On permit cependant à mes compagnons de la veille
d'entrer sans chaînes dans le jardin, pour assister à
l'exécution de la sentence. Dès que tous furent sortis, la
Jeune Fille se leva et nous pria de nous asseoir sur les
marches de son trône afin d'y être aussi présents. Nous ne
refusâmes point, laissâmes tout sur la table (excepté la
Coupe que la Jeune Fille avait confiée à la garde du page)
et, parés de nos somptueux vêtements, nous fûmes
emmenés sur le trône, qui avançait de lui-même aussi
doucement que s'il glissait dans l'air; parvenus ainsi dans le
jardin, nous nous levâmes tous .
Ce jardin n'était pas particulièrement beau, mais il me plut
que la disposition des arbres y fût si raffinée; il y avait aussi
une magnifique fontaine, ornée de scènes merveilleuses,
d'inscriptions et signes étranges (dont je m'occuperai, si
Dieu le veut, dans un prochain livre) . Dans ce jardin, était
érigée une estrade de bois recouverte de belles toiles,
peintes avec art. Quatre galeries se superposaient. La
première, plus belle que les autres, était tendue d'un rideau
de moire blanche, en sorte que nous ne pouvions voir qui s'y
cachait. La deuxième était vide et découverte. Les deux
dernières étaient à leur tour tendues de moire rouge et
bleue.
Comme nous approchions de l'estrade, la Jeune Fille
s'inclina jusqu'à terre en arrivant, ce qui nous effraya
beaucoup. En effet, il était facile de supposer que le Roi et la
Reine n'étaient pas loin. Après nous être respectueusement
inclinés, à notre tour, comme il sied, la Jeune Fille nous
conduisit par un escalier en spirales jusqu'à la deuxième
galerie, où Elle s'assit sur le siège supérieur et où nous
prîmes place dans l'ordre précédent. Je ne peux rapporter ici
sans médire la façon dont l'empereur que j'avais délivré se
comporta avec moi comme il l'avait fait à table auparavant; il
aurait dû être bien conscient du triste état et de
l'accablement qui auraient été siens, s ' il avait été obligé
d'attendre la sentence au milieu de moqueries pareilles,
alors que, maintenant, grâce à mon intervention, il était élevé
à un rang et une dignité si considérables.
Sur ces entrefaites, la jeune personne qui m'avait apporté
l'invitation au commencement et que je n'avais pas encore
revue, s'avança ; elle lança un coup de trompette, puis
prononça la sentence d'une voix forte:
“Sa Majesté Royale, mon noble Seigneur, aurait voulu de
tout coeur que l'ensemble de ceux qui sont rassemblés ici,
sur l'invitation de sa Majesté, eussent paru avec des
qualités telles qu'en plus grand nombre, pour l'honorer,
elles eussent rehaussé l'éclat de la bienheureuse fête des
Noces. Comme il en a plu autrement au Dieu tout puissant,
sa Majesté ne doit pas se plaindre, mais s'en tenir contre
son gré aux anciennes et bonnes coutumes de ce
Royaume. Cependant, pour que soit louée partout la
clémence naturelle de sa Majesté, Elle a décidé, avec tous
ses nobles et conseillers, d'adoucir considérablement la
sentence habituelle. C'est pourquoi, en premier lieu, à vous,
Seigneurs et Monarques, Elle laisse non seulement la vie
mais la liberté, en raison de quoi Elle vous prie
amicalement de ne pas Lui en vouloir s'il ne vous est pas
possible d'assister à la fête donnée en Son honneur, et de
penser plutôt que, à part cela, le Dieu tout puissant vous a
déjà imposé plus que vous ne pouviez supporter avec calme
et bienséance, et qu'Il distribue ses dons d'une manière
incompréhensible pour nous. Ainsi votre réputation ne
souffrira point de ce que notre Ordre vous rejette, car nous
ne sommes pas tous aptes à tout. Cependant, comme vous
avez été séduits par de méchants coquins, ceux-ci ne
resteront pas impunis. De plus, sa Majesté a décidé de
vous fournir, à bref délai, un Catalogue des oeuvres
hérétiques, ou 'Index Expurgatorius', pour que désormais
vous distinguiez avec plus de discernement le bien du mal.
Comme sa Majesté a également l'intention de passer en
revue sa bibliothèque, afin de sacrifier à Vulcain les
ouvrages trompeurs, Elle vous demande de l'aider et d'en
faire autant avec la vôtre de sorte, espère-t-Elle, que le mal
et la méchanceté prennent fin à l'avenir. De plus, que ceci
vous dissuade de vouloir jamais revenir ici de manière
aussi irréfléchie, afin que nous n'ayez plus à donner,
comme aujourd'hui, l'excuse d'avoir été séduits et que vous
ne soyez pas en butte à la haine et au mépris du plus grand
nombre. Enfin, comme le pays exige de vous un tribut, sa
Majesté espère que personne ne fera de difficultés pour
déposer une chaîne ou ce qu'il aura sous la main, qu'ainsi
nous nous séparerons en amis et que, conduits par nous,
vous retournerez chez les vôtres. Ceux qui n'ont pas résisté
au premier, troisième et quatrième poids, sa Majesté ne
veut pas les laisser partir aussi facilement; mais pour qu'ils
éprouvent aussi sa clémence, Elle ordonne de les dévêtir
entièrement et de les renvoyer d'ici, nus.
Ceux qui ont été trouvés trop légers pour le deuxième et le
cinquième poids, seront, outre leur mise à nu, marqués au
fer une fois, deux fois et plus suivant leur légèreté. Ceux que
soulèvent seulement les sixième et septième poids seront
traités avec plus de miséricorde.»
Cela continua ainsi: pour chaque combinaison de poids,
une sentence fut prononcée, mais il serait trop long de tout
rapporter ici.
«Ceux qui renoncèrent, hier, de leur propre chef, peuvent
partir librement, sans nulle sanction. Pour finir, les malins,
mystificateurs du peuple, qui n'ont résisté à aucun des
poids, seront châtiés corporellement ou punis de mort,
selon le cas, par l'épée, par la corde, par l'eau ou par les
verges. Ces sentences seront exécutées sans merci, pour
l'exemple. »
A cet instant, notre Jeune Fille brisa son bâton. L'autre jeune
personne, à peine la lecture terminée, souffla dans la
trompette et s'avança avec grande déférence vers ceux qui
étaient derrière les tentures.
Je ne puis m'empêcher de dévoiler au lecteur quelque
chose sur le nombre des prisonniers: sept avaient résisté à
un poids, 21 équilibraient deux poids, 35, trois poids, 35,
quatre poids, 21, cinq poids et sept avaient résisté. à six
poids. Parmi ceux qui étaient arrivés au septième poids,
mais n'y avaient pas résisté, se trouvait celui que j'avais
libéré. Par ailleurs, nombreux étaient ceux qui avaient
totalement échoué, car pour beaucoup, tous les poids
étaient descendus .
J'avais tout noté et décompté avec soin dans mon carnet,
quand ils se tenaient devant nous comme indiqué. Il est très
étonnant que parmi tous ceux qui avaient un certain poids,
pas un n'était identique à l'autre. Car si 35 avaient résisté à
trois poids, l'un équilibrait les poids un, deux, trois, un autre
les poids trois, quatre et cinq, un troisième les poids cinq,
six et sept, et ainsi de suite, de sorte que, aussi curieux que
cela fût, sur les 126 trouvés trop légers, aucun n'était pareil à
l'autre. Je pourrais d'ailleurs dire le poids de chacun si le
temps le permettait. J'espère cependant que cela apparaîtra
clairement plus tard, ainsi que l'explication.
La lecture terminée, les Seigneurs se réjouirent beaucoup,
ils n'avaient pas osé espérer sentence aussi clémente
après pareille sévérité. Aussi donnèrent-ils plus qu'il n'était
exigé, se défirent-ils de leurs chaînes, bijoux, or, argent, et
d'autres choses, pour autant qu'ils en avaient sur eux, et
prirent respectueusement congé.
Quoiqu'on eût interdit aux serviteurs royaux de se moquer de
quiconque au départ, quelques railleurs ne purent se retenir
de rire. C'était aussi assez risible de les voir décamper le
plus vite possible, sans un regard en arrière. Quelques-uns
demandèrent qu'on leur fit parvenir le Catalogue promis,
certifiant que, pour leurs livres, ils agiraient comme il plaisait
à sa Majesté . On leur en donna de nouveau l'assurance. Au
portail, on leur fit boire une gorgée d'Oubli, afin que
personne ne se rappelât son infortune.
A cause de leur discernement, on les laissa passer, mais
ils ne devaient plus jamais revenir de cette manière. Dès
que quelque chose leur serait révélé, néanmoins, et cela
valait aussi pour les autres, ce serait bien volontiers qu'on
les accueillerait comme invités.
Pendant ce temps, on avait dévêtu certains et là, on
remarquait encore une inégalité suivant ce que méritait
chacun. Quelques-uns étaient renvoyés nus, mais sans être
mis à mal; d'autres chassés avec des clochettes et des
grelots, d'autres encore poussés dehors à coups de verges.
Bref, il y avait une telle diversité de châtiments que je ne
peux les citer tous ici. Enfin arriva le tour des derniers. Cela
prit plus de temps car avant de pendre les uns, de décapiter
les autres, d'en jeter à l'eau et de mettre plusieurs à mort
autrement, il se passa un long moment. Pendant l'exécution,
les larmes me coulaient vraiment des yeux, non à cause de
la punition, méritée par leur impudence, mais à la pensée
de la petitesse humaine, qui fait que nous nous occupons
toujours de ce qui est scellé pour nous depuis la première
chute.
Ainsi le jardin, si rempli un moment auparavant, fut bientôt
vide et il ne s'y trouva plus personne que les soldats. Dès
que tout fut fini et qu'eut régné le silence pendant cinq
minutes, apparut une Licorne d'une grande beauté, blanche
comme neige, portant un collier d'or, où étaient gravées
quelques lettres. Elle s'avança vers la fontaine et
s'agenouilla sur ses pattes de devant, comme pour rendre
hommage au Lion, qui se tenait si immobile au-dessus de
la source que je l'avais pris pour une statue de pierre ou de
bronze. Celui-ci étreignit aussitôt l'épée nue qu'il retenait
dans ses griffes et la brisa par le milieu, en sorte que les
morceaux, me sembla-t-il, tombèrent dans la fontaine. Puis
il rugit jusqu'au moment où une Colombe blanche vint lui
porter une branche d'olivier qu'elle tenait dans son bec; le
Lion l'avala aussitôt, après quoi il fut satisfait. La Licorne
retourna à sa place, elle aussi pleine de joie.
Ensuite la Jeune Fille nous fit redescendre de l'estrade par
l'escalier en spirales et nous nous inclinâmes encore une
fois devant le rideau. Nous dûmes nous laver le visage et
les mains à la fontaine puis, dans le même ordre, attendre
un instant que le Roi retournât dans la salle par un passage
dérobé; ensuite nous fûmes reconduits nous aussi, hors du
jardin, dans le lieu où nous séjournions précédemment, au
son d'une musique merveilleuse, avec pompe et
magnificence, tout en devisant agréablement. Ceci se
passait vers quatre heures de l'après-midi.
Pour que le temps ne nous durât pas trop, la Jeune Fille
nous attribua un page à chacun: ils étaient non seulement
somptueusement vêtus mais remarquablement instruits, à
tel point qu'ils discouraient d'une infinité de sujets si
savamment que nous avions toutes raisons d'être confus.
On leur ordonna de nous mener visiter le château, certains
endroits déterminés seulement, et de nous faire autant que
possible passer le temps selon nos désirs. Au même
moment, la Jeune Fille prenait congé, disant pour nous
consoler qu'Elle réapparaîtrait au repas du soir, afin de
célébrer ensuite la cérémonie de l'accrochage des poids.
Elle nous pria d'attendre patiemment le lendemain, où nous
serions alors présentés au Roi.
Quand Elle fut partie, nous fîmes chacun ce qui nous plut.
Les uns regardèrent les beaux tableaux, qu'ils copièrent en
s'interrogeant sur leurs caractères étranges. D'autres se
réconfortèrent en mangeant et buvant. Quant à moi, je me fis
guider par mon page à travers le château avec mon
compagnon, visite que je ne regretterai jamais de ma vie.
Outre beaucoup d'antiquités splendides, on me montra la
chambre funéraire du Roi, où j 'appris plus que dans tous
les livres du monde. Il y avait là un Phénix magnifique, sur
lequel j'ai fait paraître un livre spécial il y a deux ans. J'ai
l'intention de faire paraître aussi des traités particuliers sur
le Lion, l'Aigle, le Griffon, le Faucon et autres, quand ils
pourront être utiles à certains, et j'y joindrai croquis et
descriptions. Je regrettai que mes autres compagnons
eussent négligé de contempler ces trésors précieux; mais
je pensai, en même temps, que c'était la volonté particulière
de Dieu qui en avait décidé ainsi.
En fait, grâce à mon page, j 'avais eu la joie la plus grande
pour moi; en effet, chacun, suivant ses dispositions, avait
été conduit par son page aux lieux qui lui plaisaient. Il arriva
que c'est au mien que furent confiées les clefs qui me firent
bénéficier, avant tous, des heureuses circonstances que
voilà. Car si mon page en invita d'autres à visiter les tombes,
ils crurent qu'elles se trouvaient uniquement dans le
cimetière et que, s'il y avait quelque chose à voir, ils iraient
bien une autre fois. Je ne priverai pas mes élèves
reconnaissants de regarder les monuments que nous
avons tous deux reproduits et dont nous avons recopié les
inscriptions .
On nous montra, à tous deux, la bibliothèque de grand prix,
telle qu'elle était avant la Réforme. Je désire n'en parler que
très peu, bien que mon coeur se réjouisse chaque fois que
j'y pense, car son catalogue paraîtra bientôt. A l'entrée de
cette pièce, se trouvait un Grand Livre, comme je n'en avais
encore jamais vu, comportant toutes les figures et les
salles, tous les portails, toutes les inscriptions et énigmes,
etc., à voir dans le château entier.
Bien que nous eussions promis d'en parler aussi, je veux
garder encore cela pour moi, et d'abord apprendre à mieux
connaître le monde. Dans chaque livre était peint le portrait
de son auteur. A ce que je compris, beaucoup devaient être
brûlés, afin que le moindre souvenir de ces dignes
personnages disparût.
Après nous être efforcés de tout comprendre, nous étions
près de sortir, quand un page s'approcha du nôtre, lui
chuchota quelque chose à l'oreille, en reçut immédiatement
les clefs, avec lesquelles il monta l’escalier en colimaçon.
Notre page, fort désemparé, nous conta, sur nos instantes
demandes, que sa Majesté voulait que personne ne vît la
bibliothèque et les tombes. Il nous demanda donc, si sa vie
nous était chère, de n'en parler à quiconque, car il avait déjà
nié la chose. Nous oscillions tous deux entre l'angoisse et
la joie, mais le fait resta caché et nul ne s'en informa plus.
Nous avions passé trois heures dans les deux endroits, ce
que je n'ai jamais regretté. Cependant, sept heures ayant
déjà sonné, on ne nous donnait toujours pas à manger.
Mais notre faim était sup portable, grâce aux
divertissements continuels, et, reçu de pareille façon,
j'eusse volontiers jeûné ma vie durant.
Entre temps on nous montra les belles fontaines, les mines
et toutes sortes d'ateliers pleins d'oeuvres d'art, dont
chacune dépassait toutes les nôtres réunies. Ces salles
étaient disposées en demi-cercle, afin de donner sur la
précieuse horloge, qui décorait le milieu d'une tour
magnifique, et de pouvoir s'orienter sur le cours des
Planètes qui s'y trouvaient merveilleusement représentées.
Là je compris de nouveau sans peine ce qui manque à nos
artistes, quoi que ce ne soit pas ma tâche de les en
informer.
A la fin, j'arrivai dans une salle spacieuse qu'on avait déjà
montrée depuis longtemps aux autres. Au milieu se trouvait
un globe terrestre d'un diamètre de 30 pieds. Près de la
moitié, sauf une petite partie recouverte de marches, était
enfouie dans le sol. Deux hommes faisaient facilement
pivoter ce globe sur ses gonds, de sorte qu'on ne voyait
jamais plus que la partie située au-dessus de l'horizon. Si je
compris immédiatement que ce globe avait une utilité
particulière, je ne parvenais pas à découvrir à quoi servaient
les anneaux d'or fixés en divers endroits.
Mon page se mit à rire et me conseilla de les examiner
attentivement. Je finis par découvrir que de l'or marquait
également ma patrie. Mon compagnon chercha alors la
sienne et fit la même découverte. Il en était de même pour la
patrie de tous ceux qui étaient restés là. Alors le page nous
informa que, la veille, leur vieil Atlas (ainsi s'appelait
l'astronome) avait montré à sa Majesté Royale que tous les
points d'or correspondaient parfaitement à la patrie de
chacun. C'est pourquoi, voyant que je me sous-estimais,
alors qu'il y avait un point à l'emplacement de ma patrie, il
avait persuadé un des capitaines de demander que nous
fussions aussi placés sur la balance, sans dommage pour
nous quel que fût le résultat, puisque la patrie de l'un d'entre
nous montrait un signe particulièrement favorable. Et ce
n'était pas sans raison que le page ayant le plus de
pouvoirs m' avait été attribué. Je montrai une grande
reconnaissance et regardai d'autant plus attentivement ma
patrie, découvrant qu'à côté des anneaux il y avait quelques
beaux tracés, ce que toutefois je ne dis pas pour me louer
ou me vanter. Sur ce globe, je vis encore beaucoup d'autres
choses que je ne veux pas rendre publiques. Chacun doit
comprendre de lui-même pourquoi chaque ville n'a pas un
philosophe.
Ensuite le page nous fit entrer dans le globe. Il était ainsi fait
qu'à l'endroit de la mer se trouvait une plaque occupant la
place la plus minime, sur laquelle étaient indiquées trois
missions et le nom du constructeur. On pouvait la soulever
avec précaution et accéder, par une passerelle, au centre où
il y avait de la place pour quatre personnes. Ce n'était guère
plus qu'une planche ronde où s'asseoir et d'où observer les
étoiles, même en plein jour (il faisait déjà nuit à ce moment).
Elles me parurent autant de pures escarboucles, rayonnant
avec une telle splendeur, dans une ordonnance et sur une
trajectoire si parfaites que je ne voulais plus m'en aller .
Par la suite, le page rapporta ceci à la Jeune Fille, qui me
taquina plusieurs fois sur le sujet; en effet, c'était déjà l'heure
du repas et j'avais regardé si longtemps tout autour de moi
dans le globe, que j'arrivai à table presque le dernier. Je ne
m'attardai donc pas plus et, ayant remis mon manteau que
j'avais enlevé auparavant, je m'avançai vers la table: alors
les serviteurs me rendirent tant d'honneurs que, de
confusion, je n'osais lever les yeux. C'est la raison pour
laquelle, sans m'en rendre compte, je délaissai la Jeune
Fille qui attendait à mes côtés. Elle le remarqua aussitôt, me
saisit par mon manteau et me conduisit à table. Il me semble
inutile d'en dire plus sur la musique et les autres délices, non
seulement je ne parviendrais pas à les décrire mais je les ai
déjà vantées dans la mesure de mon pouvoir. Bref, tout
n'était qu'art et agrément.
Nous étant mutuellement raconté les expériences de l'aprèsmidi
(sans souffler mot de la bibliothèque et des monuments)
et le vin nous ayant un peu égayés, la Jeune Fille nous dit:
«Nobles Seigneurs, j'ai une grande discussion avec l'une de
mes soeurs. Nous avons chez nous un aigle et nous le
soignons avec tant de zèle que chacune de nous veut être
sa préférée, ce qui cause maintes discussions. Un jour, nous
décidâmes d'aller le voir ensemble: il a~artiendrait à celle
envers laquelle il se montrerait le plus amica~. Ainsi fut fait.
Je tenais comme d'habitude une branche de laurier à la
main. Cependant ma soeur n'en avait pas. Dès qu'il nous eut
toutes deux aperçues, il offrit à ma soeur la branche qu'il
tenait dans son bec et réclama la mienne, que je lui donnai.
Alors chacune d'entre nous pensa être sa préférée. Que faire
maintenant?»
La réserve avec laquelle la Jeune Fille posa cette question
nous plut hautement à tous. Et tous nous eussions bien
voulu savoir la solution. Cependant, comme beaucoup se
tournaient vers moi, souhaitant que je commence, mon esprit
se troubla au point que je ne sus rien faire d'autre que
répondre à cette question par une autre. Je dis donc:
« Noble Demoiselle, il serait aisé de répondre si je n'avais
un souci. Deux amis m'aimaient fort. Comme ils se
demandaient lequel je préférais, ils décidèrent d'accourir
tous deux vers moi à l'improviste. Celui à qui j'ouvrirais les
bras me serait le plus cher. C'est ce qu'ils firent. Mais l'un ne
put suivre l'autre et resta en arrière en se lamentant. Je reçus
l'autre avec étonnement. Ils m'expliquèrent leur conduite et,
n'arrivant pas à prendre une décision, je la laissai en
suspens dans l'espoir de trouver un bon conseil. »
La Jeune Fille s'étonna de cette histoire et comprit mon
intention. Elle répondit donc: «Eh bien, tenons-nous pour
quittes et demandons aux autres la solution.»
Mais je les avais alertés, et le suivant commença ainsi:
«L'autre jour, dans ma ville, une noble dame fut condamnée
à mort. Le juge, pris de pitié, fit savoir que si quelqu'un
voulait se battre pour elle, on l'y autoriserait. Or elle avait
deux soupirants. L'un se prépara sur le champ et courut
attendre son adversaire. A ce moment celui-ci apparut. Bien
qu'en retard, il décida de se battre tout de même et de se
laisser vaincre délibérément, afin que la dame eût la vie
sauve, ce qui arriva. Chacun d'eux crut alors qu'elle serait à
lui de droit. Dites-moi donc, mes Seigneurs, à qui appartientelle?
»
Le Jeune Fille ne put se retenir de dire: «J'espérais en
apprendre davantage, mais me voici prise au piège et
j'aimerais bien savoir si d'autres connaissent la réponse.»
«Non, certes,» répondit le troisième, «on n'a jamais raconté
aventure plus extraordinaire que la mienne. Dans ma
jeunesse, j'aimais une honorable jeune fille et pour arriver à
mes fins, je fis appel à une vieille commère qui me mena
près d'elle. Mais les frères de la jeune fille nous surprirent
tous les trois. Leur colère fut telle qu'ils voulurent m'ôter la
vie. Devant mes supplications, ils me firent jurer de prendre
pour épouse chacune des deux femmes pour une durée
d'un an. Dites-moi, mes Seigneurs, laquelle je devais choisir
en premier, la plus jeune ou la plus âgée?»
Nous rîmes aux éclats de cette devinette et si quelques-uns
chuchotèrent, personne ne voulut donner la solution. Le
quatrième dit alors:
«Dans ma ville habitait une honorable dame, aimée de
beaucoup, en particulier d'un jeune seigneur. Celui-ci la
pressait tant qu'elle finit par lui promettre de l'accepter s'il
l'emmenait, en plein hiver, dans une belle et verte roseraie;
en cas d'échec, il devrait ne plus jamais se montrer. Le jeune
noble traversa tous les pays pour trouver un homme capable
de faire pareille chose. Finalement, il rencontra un petit vieux
qui s'y engagea, à condition qu'il lui donnât la moitié de ses
biens. Le jeune Seigneur acquiesça, I'autre fit ce qu'il avait
promis. Il invita donc la noble dame dans le jardin qui, contre
toute attente, apparut entièrement vert et agréablement
chaud. Se rappelant sa promesse, elle le supplia de lui
permettre d'aller encore une fois chez son époux, à qui elle
clama sa douleur en pleurant et gémissant. Mais celui-ci,
convaincu de sa fidélité, la renvoya pour satisfaire un
soupirant qui l'avait acquise à si haut prix. Le jeune noble fut
tellement frappé de l'équité de l'époux qu'il considéra
comme un péché de toucher une femme si honnête et la lui
renvoya à son tour, en tout bien tout honneur. ~evant la très
grande noblesse d'âme des deux, le vieillard ne voulut pas
être en reste. Si pauvre qu'il fût, il rendit tous ses biens au
jeune homme et s'en alla. Je ne sais donc, nobles
Seigneurs, qui de ces trois personnes fut la plus
magnanime.»
Là-dessus nous ne savions vraiment pas quoi dire. La Jeune
Fille n'exprima qu'un seul souhait: que le suivant prît la
parole.
Le cinquième commença donc ainsi: «Je désire être court:
qui a le plus de joie, celui qui contemple ce qu'il aime ou
celui qui ne fait qu'y penser?»
«Celui qui le contemple,» dit la Jeune Fille. «Non,»
répondis-je. Sur quoi une discussion s'éleva jusqu'au
moment où le sixième s'écria: «Nobles Seigneurs, je dois
prendre femme. J'ai devant moi une jeune fille, une femme
mariée et une veuve; tirez-moi de mon embarras et je vous
aiderai à résoudre les autres énigmes . »
«C'est faisable puisqu'on a le choix,» répondit le septième.
«Mon affaire à moi est toute différente. Dans ma jeunesse,
j'aimais du fond du coeur une belle et vertueuse jeune fille et
elle m 'aimait . Cependant le refus de ses proches nous
empêchait de nous marier. Elle épousa donc un autre
homme, honnête et brave, qui la traita avec respect et amour,
jusqu'au moment où elle attendit un enfant et souffrit au point
que tous crurent qu'elle était morte. On l'enterra avec
magnificence et grande tristesse. Je pensai alors en moimême:
cette femme n'a pas pu être à toi pendant sa vie,
maintenant qu'elle est morte, tu peux l'embrasser autant que
tu veux.» J'emmenai donc avec moi mon serviteur qui, de
nuit, I'exhuma. Ayant ouvert le cercueil, je la pris dans mes
bras, je touchai son coeur et je m'aperçus qu'il battait encore
doucement et que, grâce à ma chaleur, il se mettait à battre
plus fort; alors je compris qu'elle vivait toujours. Je la portai
silencieusement chez moi et, après avoir réchauffé son corps
refroidi dans un bain d'herbes aromatiques, je la plaçai sous
la protection`de ma mère, jusqu'au moment où elle mit au
monde un beau fils, que je fis soigner avec autant d'attention
que la mère. Deux jours après, comme celle-ci s'étonnait
beaucoup, je lui contai ce qui s'était passé et lui demandai
de bien vouloir désormais être ma femme. Mais elle montra
de la réticence: cela pouvait peiner son époux qui l'avait
toujours honnêtement traitée. Cependant, selon elle, après
tout ce qui s'était passé, elle était obligée à présent d'aimer
l'un autant que l'autre. Au bout de deux mois pendant
lesquelsj'avais été en voyage, j'invitai son mari chez moi;
lorsque je lui demandai s'il reprendrait sa femme morte, au
cas où elle reviendrait chez lui, il acquiesça, profondément
ému et tout en larmes. Je lui amenai donc sa femme et son
fils, lui racontant tout et le priant d'appuyer de son accord
mon projet de mariage. Nous discutâmes longtemps, mais il
ne put me faire renoncer à mon droit. Il dût finalement
m'abandonner sa femme. Cependant la discussion continua
à propos du fils.»
Ici la Jeune Fille l'interrompit en disant: «Je m'étonne que
vous ayez encore redoublé les souffrances de cet homme
malheureux.»
«Qu'aurait-il donc fallu que je fasse?» demanda l'autre. Làdessus
s'éleva une discussion, mais la majorité était d'avis
qu'il avait bien agi. «Eh bien! non,» dit-il alors, <~j'ai
redonné à cet homme non seulement sa femme mais son
fils. Maintenant dites-moi, mes Seigneurs, ce qui fut le plus
grand, ma magnanimité ou sa joie?»
A ces mots, la Jeune Fille se réjouit tant qu'elle fit boire à la
santé de ces deux personnes. Puis les autres racontèrent
leurs histoires, mais étant un peu confuses, je ne les ai pas
toutes retenues. Une seule me revient. L'un dit avoir connu,
quelques années auparavant, un médecin qui, ayant fait sa
provision de bois pour la saison froide, s'était chauffé par ce
moyen tout l'hiver. Or, le printemps venu, il avait revendu ce
même bois; il en avait donc profité pour rien.
«Ce doit être de la magie,» dit la Jeune Fille, «mais le temps
est passé maintenant.»
«Oui,» répondit mon compagnon, «que celui qui ne peut pas
résoudre ces énigmes le fasse savoir à tout le monde par un
messager convenable. Je ne crois pas qu'il faille lui dénier
cela.»
A ce moment, on commença à dire les grâces, puis nous
nous levâmes tous de table plus gais et plus satisfaits que
par un repas plantureux. Il serait souhaitable que toutes les
réceptions et fêtes fussent ordonnées de cette manière.
Après que nous eûmes fait quelques pas dans la salle, la
Jeune Fille demanda si nous ne désirions pas que la Fête
des Noces commençât.
«Oui, noble et vertueuse Demoiselle», répondit l'un de nous.
Alors elle dépêcha un page en secret tout en continuant la
conversation. Elle nous était devenue si familière, à présent,
que j'osai lui demander son nom. Elle sourit de ma curiosité,
ne céda pas, mais répondit: «Mon nom égale cinquante-cinq
et ne comporte pourtant que huit lettres; la troisième est le
tiers de la cinquième. Si on y ajoute la sixième, on obtient le
nombre dont la racine, diminuée de la première, égale la
troisième, racine qui est aussi la moitié de la quatrième. La
cinquième et la septième sont identiques, de même que la
dernière et la première; et celle-ci, ajoutée à la deuxième,
égale la sixième, laquelle équivaut à quatre plus le triple de
la troisième. Dites-moi, noble Ami, quel est mon nom?»
La réponse était pour moi assez obscure. Je ne me
décourageai pourtant pas et dis: «Noble et vertueuse
Demoiselle, ne pourriez-vous pas me dire une seule lettre?»
«Oui,» répondit-elle, «c'est possible . » «Quelle est la valeur
de la septième?» Elle répondit: «Autant qu'il y a de
Seigneurs ici . » La réponse me satisfit et je pus facilement
trouver son nom. (*1*) Elle en fut enchantée et assura que
beaucoup d'autres choses nous seraient dévoilées.
Pendant ce temps, quelques nobles jeunes filles s'étaient
apprêtées et firent leur entrée en grande pompe . Deux
jeunes gens portant des lumières les précédaient. L'un avait
un visage enjoué, les yeux vifs et belle allure. L'autre avait
l'air impétueux, tout ce qu'il voulait devait s'accomplir comme
je l'appris plus tard. Derrière eux s'avançaient d'abord
quatre jeunes filles.
La première baissait pudiquement les yeux à terre et se
comportait avec humilité.
La deuxième aussi était modeste et craintive.
La troisième s'effaroucha pour une raison quelconque en
entrant dans la salle. J'appris que l'exubérance la mettait
mal à l'aise .
La quatrième portait quelques petits bouquetsen signe de
générosité et d' amour.
Ces quatre jeunes filles étaient suivies de deux autres,
vêtues avec un peu plus de somptuosité: elles nous
saluèrent courtoisement. L'une portait une robe bleue
constellée d'étoiles d'or, la deuxième, une robe verte ornée
de fines rayures rouges et blanches. Les deux avaient sur la
tête des fichus légers et vaporeux, qui leur allaient à
merveille.
A la fin il en vint une qui portait une couronne sur la tête et
tournait plus ses regards vers le ciel que sur la terre. Nous
crûmes tous que c'était l'épouse. Mais ce n'était pas encore
elle, bien que pour l'honneur, la richesse et le rang, elle la
surpassât de beaucoup et que ce fût elle qui, par la suite,
conduisit les Noces.
A cet instant, suivant tous l'exemple de notre Jeune Fille,
nous nous jetâmes à genoux devant elle, malgré toute la
modestie et la piété qu'elle montrait. Elle nous tendit à
chacun la main, en nous demandant de ne pas nous en
étonner, c'était la moindre chose qu'elle pouvait nous offrir.
Nous devions, cependant, lever les yeux vers notre créateur,
apprendre ainsi à connaître sa toute puissance, continuer
sur le chemin entrepris et faire usage de la grâce qui nous
était accordée, pour l'honneur de Dieu et le salut des
hommes.
Bref, ses paroles étaient absolument différentes de celles de
notre Jeune Fille, encore quelque peu profanes. Elles me
pénétrèrent jusqu'à la moelle des os. «Et toi,» me dit-elle
ensuite, «tu as recu plus que les autres, veille aussi à donner
plus en retour.» Cette recommandation m'étonna fort.
A la vue des jeunes filles et au son de la musique, nous
crûmes qu'il fallait déjà danser. Mais ce n'était pas encore le
moment. Les poids, dont nous avons parlé plus haut, étaient
restés au même endroit. La Reine—je ne sais toujours pas
qui elle était—ordonna à chaque jeune fille d'en prendre un.
A notre Jeune Fille, toutefois, elle donna le sien,~ le dernier
et le plus gros, et nous ordonna de la suivre. Notre suffisance
avait beaucoup diminué; je remarquai que notre Jeune Fille
était bien intentionnée à notre égard, mais que nous n'étions
pas si estimés que certains parmi nous commençaient à le
croire. Nous suivîmes donc en rang et fûmes conduits dans
la première salle, où la Jeune Fille suspendit le poids de la
Reine, pendant que l'on chantait un beau cantique spirituel.
Dans cette salle, il n'y avait rien de précieux sinon quelques
splendides livres de prières, introuvables ailleurs. Au centre,
un pupitre pouvait servir de prie-Dieu. La Reine s'y
agenouilla. Nous dûmes nous agenouiller autour d'elle et
répéter les prières que La Jeune Fille lisait dans un petit
livre, afin que les prochaines Noces fussent célébrées pour
l'honneur de Dieu et notre salut. Puis nous allâmes dans
l'autre salle, où la première jeune fille suspendit son poids,
et ainsi de suite jusqu'à l'achèvement de toute la cérémonie.
La Reine nous tendit à nouveau la main et s'en alla
accompagnée de ses jeunes filles.
Notre présidente s'attarda encore un instant, mais comme il
était déjà deux heures du matin, elle ne voulut pas nous
retenir davantage . Quoiqu'elle eût plaisir à rester parmi
nous, me semblait-il, elle nous souhaita bonne nuit en nous
recommandant de dormir en paix. C'est ainsi qu'à regret elle
prit cordialement congé de nous.
Nos pages avaient reçu des ordres et nous montrèrent à
chacun nos chambres. Ils restèrent à nos côtés, dans un
deuxième lit, afin de nous offrir leurs services en cas de
besoin. Ma chambre (je ne peux rien dire des autres) était
royalement décorée de beaux tapis et de splendides
tableaux. Mais ce qui me plaisait à l'extrême, c'était mon
page, capable de parler si excellemment de tout et si savant
dans les arts que nous passâmes encore une heure
ensemble avant d'aller dormir, vers trois heures et demie.
C'était, à vrai dire, la première fois que j'aurais pu dormir
tranquille. Pourtant un rêve angoissant me tourmenta toute la
nuit: je m'affairais après une porte impossible à ouvrir
jusqu'au moment où je finis par y parvenir.
Le temps passa à des irréalités de ce genre avant de
m'éveiller, enfin, vers le lever du jour.
Fin du Troisième jour
(A suivre.....)
Note:
(*1*) Le nom de la Jeune Fille est Alchimia, où A= I, L= 1 l,
C=3, H=8, 1=9, M= 13, et de nouveau 1=9, A=l. Au total 55,
comme la Jeune Fille l'avait dit. Nous devons cette solution
au mathématicien et philosophe G. W. von Leibnitz (1646-
1716).
ll apparait qu'Andreae s'est basé sur la valeur numérique
des lettres selon leur place dans l'alphabet, donc A=l, B=2,
C=3, etc... Les calculateurs attentifs remarqueront que la
lettre L aurait dû être affectée de la valeur 12 et non pas 11.
On suppose que cette petite complication a été glissée
intentionnellement par Andreae—qui était un exccllent
mathématicien—afin de rendre la solution de ce problème
plus difficile.

S T R A S B O U R G
IMPRIMERIE LAZARI ZETZNERS
ANNO MDCXVI


Date de création : 02/08/2009 • 15:44
Dernière modification : 15/09/2009 • 11:02
Catégorie :
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Dossier Grippe A - 1.0 Synthèse sur la grippe « A-H1N1 Poésie - Cela est Physique quantique - Les deux univers (V) 5 - Psychologie spirituelle - Etat humain naturel Eau, mémoire et transmutation - Eau Diament 2/5 4 - Anatomie spirituelle - Sang (Autres citations) Gurdjieff - Monsieur Gurdjieff par Julius Evola 4 - Petit manuel à l'usage des citoyens - 2.01 La triple grève, pour sauver la planète et l'humanité 4 - Anatomie spirituelle - Corps de l'homme Calendrier des rencontres - 2.0 Rencontres avec la Rose-Croix d'or Gnose égyptienne - Dualité de l'être humain 3 - Extraits de l'enseignement - Symbole du soleil - Or 5 - Psychologie spirituelle - Etat de neutralité pranique Rose-Croix - Coménius: L'unique nécessaire 3 - Extraits de l'enseignement - Les trois corps de l'enseignement Bouddhisme Originel - Glossaire Les apocryphes - Liste des traités de la bibliothèque copte de Nag Hammadi Marsile Ficin - Marcile Ficin - Biographie Gouvernement mondial: Le Grand Jeu - Vidéo fiction : attaque biologique contre les peuples Arts Graphiques - A la recherche de la Lumière Cinéma - Agora Eau, mémoire et transmutation - Eau diament 5/5 Reiki - Reiki Dossier Grippe A - Les fabricants de vaccins contre la grippe H1N1 viennent d’obtenir l’immunité juridique 4 - Anatomie spirituelle - Pingala 5 - Psychologie spirituelle - Etat astral 6 - Micro-Corpus Atomicus - Atome 5 - Psychologie spirituelle - Etat de maturité de l'Ame Dossier Grippe A - Une pandémie de profit! Gnose manichéenne - Mani, le don de la Lumière Les apocryphes - 0 - Notes Les apocryphes - Apocryphon de Jean HP Blavatsky - H.P Blavatsky - Biographie 3 - Extraits de l'enseignement - Corps magnetique libérateur 3 - Extraits de l'enseignement - Le péché originel / La chute 6 - Micro-Corpus Atomicus - Atome Christ 5 - Psychologie spirituelle - Accoutumance Christianisme - Les enseignements de Jésus (1) Théosophie - Septénaire (Théosophie) 4 - Anatomie spirituelle - Corps vital Bouddhisme Originel - Qu'est-ce que vipassaná ? Hindouisme - Le secret de la reconnaissance du coeur Gnoses - L'Aventure Humaine 4 - Anatomie spirituelle - Système intellectuel 3 - Petit manuel à l'usage des maîtres du monde - 1.11 - Amplification des sources d'Energie Les apocryphes - Prôtennoia trimorphe 3 Gurdjieff - Biographie - Gurdjieff Zen & Zazen - La méthode est une absence de méthode Tantrisme - Tantra: Méditations des chakras Rose-Croix - Comenius: Le Labyrinthe du Monde et le Paradis du Coeur Biologie - Dr popp: L'homme: un capteur de lumière 3 - Extraits de l'enseignement - Chakras Les apocryphes - Le Dialogue du Sauveur Géométrie - Relativité d'échelle et cosmologie Hindouisme - Shiva Critiques du site 4 - Anatomie spirituelle - Corps de l'ordre de secours Hindouisme - L'être gnostique - Sri Aurobindo Psychologie - Soumission à l'autorité - expérience de Milgram 1 - Présentation du site - a.1 - Objectifs de ce site 3 - Extraits de l'enseignement - Symbole de la liaison chakra Coeur-Pinéale Rudolf Steiner - R. Steiner - L'initiation (vidéo) Dossier Grippe A - Grippe A : Première action pénale en France Catharisme - 1. 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Sciences - Pythagore - Les symboles 3 - Extraits de l'enseignement - Souffrance de l'âme 3 - Extraits de l'enseignement - Corpus Hermeticum 3 - Extraits de l'enseignement - Catéchisme de Heidelberg Bouddhisme Originel - Vinaya Pitaka 4 - Anatomie spirituelle - Cancer 4 - Anatomie spirituelle - L'oeil 3 - Petit manuel à l'usage des maîtres du monde - 1.02 - Historique 3 - Extraits de l'enseignement - Miicrocosme Relativité - Vers une réhabilitation de l'éther 3 - Extraits de l'enseignement - Nature, culture et surnature Bouddhisme Originel - Bouddhisme theravāda 4 - Anatomie spirituelle - Chakras (les sept nouveaux) 3 - Extraits de l'enseignement - Structure du rituel gnosqtique Chants - Chorales - Le Saama - Chants Soufis Musique soufie - Zein Mahmoud Chasse aux sorcières - Les résistances aux groupes religieux minoritaires en France Témoignages - La méditation, sa plus belle évasion Gnose et éducation - Créer de l'espace, élargir le regard Physique quantique - Les deux univers (II) Théosophie - La voie du silence 2/3 Yoga - Shiva Samhita 3 - Extraits de l'enseignement - Caducée 3 - Extraits de l'enseignement - Calendrier (Pyramide de Giseh) Gouvernement mondial: Le Grand Jeu - Control de l'esprit par le gouvernement 3 - Petit manuel à l'usage des maîtres du monde - 2 - Les projets des Maitres du Monde 5 - Psychologie spirituelle - Etat actuel : l'être moi Suicide et catastrophes - Suicides collectifs et individuels Témoignages - Conscience de l’être - H. F. Amiel Bouddhisme - Mooji - "Victime" n'est qu'une pensée. 1 - Les pouvoirs occultes - 11 septembre: attentat ou aubaine ? Bouddhisme Originel - Le Pali 4 - Anatomie spirituelle - Systèmes du corps et microcosme Le cycle d'antioche - Le cycle d'antioche 3 - Extraits de l'enseignement - Transfiguration 1/4 3 - Extraits de l'enseignement - Esprit 4 - Anatomie spirituelle - Sanctuaire du bassin 9 - Matière-Esprit - Substance électromagnétique Dossier Grippe A - La grippe A (H1N1) vue par Marc Vercoutère Témoignages - Un satori - Bassui 2 - Philosophie de la RCO - 10 - Pureté du Sang et Nouveau Penser Gouvernement mondial: Le Grand Jeu - 0 - Le grand jeu - La grande illusion Chasse aux sorcières - OMNIUM : Appel à témoignage 3 - Extraits de l'enseignement - Source des sens Eau, mémoire et transmutation - Eau Diament 1/5 8 - Macro-Corpus atomicus - Matéria prima Chakras, Pranas, Energies - Chakra Balancing Meditation music Very Intense 3 - Extraits de l'enseignement - Mantrams 3 - Extraits de l'enseignement - Corps Ethérique - L'Ether feu ou électrique 4 - Anatomie spirituelle - Système Foi-Rate Islam - Les secrets du jeûne Cinéma - Baraka 4 - Anatomie spirituelle - Capsule surrénale Théosophie - Trois Propositions de la Doctrine Secrète 3 - Extraits de l'enseignement - Âme 1 - Ecole Rose-Croix d'Or - 1 - Présentation de la Rose-Croix d'Or Dossier Grippe A - Grippe A : un cheval de Troie placé dans l’effondrement économique de l’automne ? Gouvernement mondial: Le Grand Jeu - Le projet Blue Beam Gnose et éducation - L'âme et les forces de la nature Catharose de Pétrie - Catharose de Pétrie - Bibliographie Astrophysique - La lumière à vitesse variable Sciences - Physique quantique et Kabbale Rose-Croix - LIVRE : La fraternité de shamballa 3 - Extraits de l'enseignement - Transfiguration 4/4 5 - Psychologie spirituelle - Etat de frères et soeurs Sciences - Multiplication et géométrie La voie Toltèque - LA VOIE TOLTEQUE DE LA LIBERTÉ 3 - Extraits de l'enseignement - Structure de lignes de force 3 - Extraits de l'enseignement - Stratum - Strata 6 - Micro-Corpus Atomicus - Rayons - Les 7 rayons 5 - Psychologie spirituelle - Accueil (nocturne) Avant propos 3 - Extraits de l'enseignement - Le jardin d'Eden 4 - Anatomie spirituelle - Corps magnétique nouveau 3 - Extraits de l'enseignement - Symbole de l'évolution Cinéma - « Chronos » Physique quantique - Antimatière, univers parallèles... 0 - Sommaire des auteurs - Liste des articles Physique quantique - Le rôle de la conscience 4 - Anatomie spirituelle - Système magnétique Gnose et éducation - L'importance de la jeunesse 4 - Anatomie spirituelle - Corps terrestre 2 - Philosophie de la RCO - 09 - Révolution cosmique et libération 4 - Anatomie spirituelle - Corps éthérique illuminé Krishnamurti - Qui apporte la vérité ? 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Ce que l'Ecole apporte aux hommes Zen & Zazen - Pratique de la non-pensée (Wou-Nien) Les apocryphes - Evangilion Marcionite Gnoses - Rose-Croix d'Or :Enseignement 6 - Micro-Corpus Atomicus - L'homme microcosme 3 - Extraits de l'enseignement - Symbole du soufre 6 - Micro-Corpus Atomicus - Atome du Coeur 5 - Psychologie spirituelle - Etat de conscience cosmique Nouveaux paradigmes - La déclaration d'intention 4 - Anatomie spirituelle - L'éthmoïde 5 - Psychologie spirituelle - Etat de conscience particulier Sciences - La Theorie De La Relativite 5 - Psychologie spirituelle - Etat psychique et spirituel Soufisme - Rumi et le soufisme (En) 4 - Anatomie spirituelle - Le foie Physique quantique - Physique, matière et conscience Hindouisme - La Triple Transformation - Sri Aurobindo Catharisme - La vie des Cathares 5 - Psychologie spirituelle - Accusation Chamanisme - Archontes, flyers et reptiliens. Par John Lash 1 - Présentation du site - c - Espace rédacteur Gnose et sociologie - Gnose et idéologies modernes Bassui - Bassui - Biographie Evènements - Une journée sur la Gnose Libanaise Tantrisme - La Vie est ce que l'on en fait 3 - Extraits de l'enseignement - Souffrances Islam - Le Coran et le voile 1: S.24 v.31 Léon Chestov - Léon Chestov - Biographie 1 - Ecole Rose-Croix d'Or - C-4. Statuts, organisation, coûts 1 - Ecole Rose-Croix d'Or - C-5. Structure de contact 2 - Philosophie de la RCO - 02 - La reconstitution du temple intérieur Vaccination en question - Silence, on vaccine (vidéo) Sciences - Sciences et traditions: Conférence de J. Bousquet Illuminisme - Le 18e Siècle : celui des Lumières ou de l’illuminisme ? Islam - Le Coran et le voile 2: S.24 v.31 5 - Psychologie spirituelle - Etat imparfait 3 - Extraits de l'enseignement - Symbole du Triangle 3 - Extraits de l'enseignement - Source d'Eau vive 3 - Extraits de l'enseignement - Le processus de libération 3 - Extraits de l'enseignement - Symbole de l'aigle 3 - Extraits de l'enseignement - Cathares Comenius - Comenius rosicrucien et pédagogue de la paix Rudolf Steiner - Rudolf Steiner's Esoteric Lessons Hindouisme - L'Ascension vers le Supramental - Sri Aurobindo 3 - Extraits de l'enseignement - Symbolisme 3 - Extraits de l'enseignement - Le Prana 4 - Anatomie spirituelle - Sympathique (le grand) Kabbale - Existe-t-il une force supérieure ? 3 - Petit manuel à l'usage des maîtres du monde - 1.05 - Introduction descriptive des armes silencieuses 3 - Extraits de l'enseignement - Corps Ethérique - Les éthers naturels 3 - Extraits de l'enseignement - Caducée Rose-Croix et Franc-Maçonnerie - La Rose-Croix ésotérique et christique 5 - Psychologie spirituelle - Etat Christique humain 2 - Philosophie de la RCO - 01 - L'illusion du monde 2 - Philosophie de la RCO - 11 - Rôle d'une école transfiguristique 3 - Extraits de l'enseignement - Corps Ethérique - Les Ethers nerveux 3 - Extraits de l'enseignement - Corps Ethérique - Les Ethers nouveaux 3 - Extraits de l'enseignement - Corps Ethérique - Rôle des 4 Ethers 3 - Extraits de l'enseignement - Corps Ethérique - Les Ethers supérieurs 2 - Philosophie de la RCO - 05 - Le revirement fondamental 2 - Philosophie de la RCO - 07 - Personnalité, Ame et Renaissance 2 - Philosophie de la RCO - 08 - La résurection de l'Homme Originel 3 - Extraits de l'enseignement - Structure de l'atome 3 - Extraits de l'enseignement - Adam et Eve, andorogynie 2008 - n°5 - 1 - L'eau vive, le remède universel Documentaires - Anima Mundi 5 - Psychologie spirituelle - Etat d'âme nouvelle 1 - Les pouvoirs occultes - 1 - La véritable structure de la société 1 - Ecole Rose-Croix d'Or - A-3. Origine 4 - Anatomie spirituelle - Sécrétion interne Antonin Gadal - Antonin Gadal - Biographie Héraclite d'Éphèse - Héraclite d'Éphèse - Biographie Ondes de forme - L'énergie vibratoire des ondes de forme 3 - Extraits de l'enseignement - Les Eons et hiérarchies célestes Chakras, Pranas, Energies - Kundalini Yoga Dance the Chakras 3 - Extraits de l'enseignement - Satan 3 - Petit manuel à l'usage des maîtres du monde - 4. Le new-age 3 - Extraits de l'enseignement - Source de grâce Rose-Croix et Franc-Maçonnerie - La Rose-Croix au 16ème et au 17ème siècle Théosophie - La voie du silence 1/3 Symboles - Triangle Cinéma - Naqoyqatsi - Life as war 5 - Psychologie spirituelle - Etat de joie Jan van Rijckenborgh - J.V Rijckenborgh - Biographie Comment participer Bouddhisme - Dharma - Université Rimay Nalanda 3 - Extraits de l'enseignement - Caphar Salama Sciences Cognitives - La conscience fragmentée et le mythe de l’unité 1 - Ecole Rose-Croix d'Or - B-2. A qui s'adresse la Rose-Croix Mani - Mani - Bibliographie Gouvernement mondial: Le Grand Jeu - 2. Conspiration cosmique 3 - Extraits de l'enseignement - ÉONS - les douze éons du zodiaque Tantrisme - Du Sexe à la Conscience Divine par Diane Bellego 3 - Extraits de l'enseignement - Enfer 1 - Les pouvoirs occultes - Armes silencieuses pour guerres tranquilles Documentaires - Génial Tesla 3 - Extraits de l'enseignement - Symbole de l'oeuf Chasse aux sorcières - Assaut sur le « Moulin des Vallées » par la MILIDUVE 3 - Extraits de l'enseignement - Source originelle Astrosophie - Astrosophie de François Brousse 5 - Psychologie spirituelle - L'auto-franc-maçonnerie de l'homme nouveau 3 - Extraits de l'enseignement - Philosophie de la Rose-Croix 3 - Extraits de l'enseignement - Les Ecoles des Mystères Histoire de la Gnose - Gnose chrétienne: Les 1ers siècles Boris Mouravieff - Ouspensky, Gurdjieff et les Fragments d'un Enseignement inconnu Rose-Croix et Franc-Maçonnerie - Modeste historique Gurdjieff - Gurdjieff - Sa mission 5 - Psychologie spirituelle - Abandonner, l'abandon de soi même Templiers - Le secret des Templiers Orient - Mani, Christ d'Orient, Bouddha d'Occident Douglas Harding - Douglas Harding - Biographie Ondes de forme - Les travaux de Georges Lakhowsky Gnose et mythologie - Indiens Hopis - Histoire de l'humanité Cinéma - Matrix : Lh'éritage gnostique au secours de l'humanité Astrophysique - Soupe primordiale Eau, mémoire et transmutation - Eau Diament 3/5 Boutique en ligne - Conditions générales de vente Gnose et sexualité - La séxualité: Elixir des Roses Croix (1) Apocryphes gnostiques - L'évangile de Judas Mani - Mani: La mise à mort d'un prophète Gnose Platonicienne - Idée et dualisme Krishnamurti - Krishnamurti - l'éducation créatrice 5 - Psychologie spirituelle - Etat psychique 4 - Anatomie spirituelle - Masculin - Féminin 8 - Macro-Corpus atomicus - Corps solaire Rose-Croix - Les Noces chymiques de Christian Rose-Croix Physique quantique - Origine de l'univers Nouvel humanisme planétaire - L'Esprit et la Matière 2009 - N°4 - 08 - Figures 6 - Micro-Corpus Atomicus - Atome - Bouton de rose Rose-Croix - Epîtres de Paul: science de la Lumière Comenius - Comenius: Enseigner tout à tous et toutes 4 - Anatomie spirituelle - Corporéïté 2009 - N°3 - le courage d'accéder à la connaissance La doctrine secrête - 1.1 - Les 7 stances Zen & Zazen - Sacralisation du corps et culte du néant Uni-vers, Uni-verse-eaux - Musique des sphères Sohravardi - Sohravardi - Biographie Les apocryphes - La Sagesse de Jésus le Christ Illuminisme - Le mouvement illuministe : Ecoles et «Grandes Figures ». 3 - Extraits de l'enseignement - Abraxas Chakras, Pranas, Energies - Alex Grey - Chakra Kundalini Awakening Bouddhisme - Mooji - Ce que le Bouddha a découvert Peuples & peuplades - Les Roms (Film) Les apocryphes - L'épitre apocryphe de Jacques 3 - Petit manuel à l'usage des maîtres du monde - 1.15 - La logistique 2009 - N°4 - 06 - Que se passe-t-il dans le cerveau lors du renouvellement de la conscience ? Ecrivains, poètes - Alejandro Jodorowsky- Constellation 3 - Extraits de l'enseignement - La grotte de Lornbrives, la cathédrale Cathare 3 - Petit manuel à l'usage des maîtres du monde - 1.10 - Introduction aux amplificateurs économiques 1 - Ecole Rose-Croix d'Or - B-3. 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Notions clés 2009 - N°3 - La quatrième dimension Sciences - La théorie des cordes 4 - Anatomie spirituelle - Cavités cérébrales Physique quantique - Les deux univers (III) Témoignages - L’éveil de l’attention - R.Steiner Gnose soufie - Le soufisme - Définition & histoire Rose-Croix classique - Les Noces chymiques 3 - Extraits de l'enseignement - La Fraternité universelle/ les envoyés 3 - Extraits de l'enseignement - Les trois corps universels Illuminisme - But de l'illuminisme Encyclopédie - Encyclopédie du savoir relatif et absolu 3 - Extraits de l'enseignement - Corps céleste et corps terrestre 4 - Anatomie spirituelle - Corps mental 9 - Matière-Esprit - Substance astrale Définitions de la Gnose - Henri Corbin - La science et la gnose 3 - Extraits de l'enseignement - La Foi Mani - Mani - Biographie Arts - Divine Harmonie: La géométrie sacrée Gnose Carpocratienne - Disciples gnostiques de Carpocrate Gnose égyptienne - Le corpus hermeticum Gustav Meyrink - G. Meyrink - Clés pour comprendre Meyrink 2/2 Gnose et éducation - Un rêve vivant Astrophysique - Quand la décélération cause l'accélération! Dossier Grippe A - Citations médicales sur les vaccins 3 - Extraits de l'enseignement - Groupe: Force et unité de groupe Dossier Grippe A - Vaccin de l’hépatite B : une bombe à retardement ! 3 - Petit manuel à l'usage des maîtres du monde - 1.16 - L'utérus artificiel 9 - Matière-Esprit - Substance de l'âme 5 - Psychologie spirituelle - Etat sensoriel Gnoses - Rose-Croix d'Or : mouvement Gnostique 3 - Extraits de l'enseignement - Principe féminin & principe masculin Chakras, Pranas, Energies - Chakras Sciences - Champ magnétique terrestre Bouddhisme - Mooji - Découvre qui tu es maintenant Francesca-Yvonne Caroutch - F.Y Caroutch - Biographie Gnose et éducation - Travail pour la jeunesse (Extrait Démasqué) Christianisme - Jésus et la Déesse égarée 3 - Extraits de l'enseignement - Cèdres du Liban Définitions de la Gnose - Qu'est-ce que la Connaissance (Gnose) ? Théosophie - Les Dix Points de l'Isis Dévoilée Rudolf Steiner - Rudolf Steiner - Biographie 3 - Petit manuel à l'usage des maîtres du monde - 1.03 - Introduction politique 1 - Ecole Rose-Croix d'Or - D-2. liberté de conscience Physique quantique - Les deux univers (I) 6 - Micro-Corpus Atomicus - Atome étincelle d'Esprit 5 - Psychologie spirituelle - Etat d'enfant de Dieu 4 - Anatomie spirituelle - Le coeur et l'émotivité 5 - Psychologie spirituelle - Cinq propriétés de l'âme 3 - Extraits de l'enseignement - Instinct primitif: Désir primordial de Lumière 5 - Psychologie spirituelle - Etat animal 4 - Anatomie spirituelle - Système Tête-Coeur 3 - Extraits de l'enseignement - Symboles, langage universel 4 - Anatomie spirituelle - Chakra de la pinéale 3 - Petit manuel à l'usage des maîtres du monde - 1.01 - Introduction Histoire de la Gnose - Rose-Croix Gnoses - Initiation Les mythes - Les quatres coursiers d'abraxas 5 - Psychologie spirituelle - Etat humain Originel 4 - Anatomie spirituelle - Pinéale 1 - Les serviteurs de l'occulte - le CFR est au-dessus du gouvernement Les apocryphes - L’Apocalypse de Paul Hindouisme - La Vie Divine - Sri Aurobindo 3 - Extraits de l'enseignement - Cela - Tao 2 - Philosophie de la RCO - 04 - Les deux aspects de notre ordre de vie Soufisme - Ahmad al-Alawi Gnose et sociologie - Entretien avec Ervin Làszlô 9 - Matière-Esprit - Lumière, Chaleur, son Gnose et sociologie - La transformation du monde Tantrisme - Le tantrisme du cachemir 3 - Extraits de l'enseignement - Catholiques romains Gnose et sexualité - LE SEXE ET LES RELIGIONS 3 - Extraits de l'enseignement - La création divine 3 - Extraits de l'enseignement - A la recherche d'un chemin d'éveil Poésies - SACRIFICE The Dark Night of the Soul 3 - Extraits de l'enseignement - Absolu Cinéma - Avatar 3 - Extraits de l'enseignement - L'ici-bas et l'au-delà : l'activité de la sphère réflectrice Zen & Zazen - Un Zen occidental 3 - Extraits de l'enseignement - Sacrum Krishnamurti - Transformation 3 - Extraits de l'enseignement - Corpus Christi Sciences Cognitives - Le casque qui mène à Dieu Chakras, Pranas, Energies - The Illuminated Chakras by Anodea Judith 8 - Macro-Corpus atomicus - Coeur de la terre Gnose et éducation - Projet éducatif pour l'humanité (Coménius) Illuminisme - Evolution et sources de l’illuminisme Cinéma - Matrix ou la caverne de Platon Tantrisme - Et si Dieu était une femme? 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L'Enseignement: thèmes Tantrisme - Vijñânabhaïrava Tantra 4 - Anatomie spirituelle - Corps astral 3 - Extraits de l'enseignement - Education et jeunesse Chakras, Pranas, Energies - Yoga dance therapy: Drive your blues away Gnosticisme - Le Nycthéméron d'Apollonius de Tyane Catharisme - 1.1 Introduction de Joost R. Ritman 2009 - N°4 - 02 - La vie et l'oeuvre de Paracelse Gnose et nature - Le cheval - thérapeute: miroir de nos émotions 5 - Psychologie spirituelle - Cachot des pensées 5 - Psychologie spirituelle - Etat d'illumination 3 - Extraits de l'enseignement - Structures cellulaires 5 - Psychologie spirituelle - Etat de repos 4 - Anatomie spirituelle - Matéria Magica Chakras, Pranas, Energies - Introduction to Pranic Healing 5 - Psychologie spirituelle - Etat de développement 6 - Micro-Corpus Atomicus - Atome Originel 5 - Psychologie spirituelle - Etat mental 5 - Psychologie spirituelle - Etat sacerdotal 3 - Extraits de l'enseignement - Upanishad Gnose et éducation - la conception éducative de la Rose-Croix Moderne 3 - Extraits de l'enseignement - Humanitarisme Les mythes - La genèse de l'humanité Zen & Zazen - Koan et Shikantaza Soufisme - Awhad al-dîn Balyânî 3 - Extraits de l'enseignement - ÉONS Cinéma - Kafka Les apocryphes - L'évangile suivant Marie 4 - Anatomie spirituelle - Corps immortel Gnose égyptienne - LIVRE : La Gnose originelle égyptienne T4 2009 - N°3 - Nul besoin d'avoir un moi 3 - Extraits de l'enseignement - Yoga Anthologie - Philosophies d'ailleurs 4 - Anatomie spirituelle - Système nerveux 5 - Psychologie spirituelle - Etat véhiculaire 2009 - N°4 - 04 - Il n'y a pas d'espace vide 5 - Psychologie spirituelle - Etat sanguin Catharisme - 2. De l'héritage des Cathares 5 - Psychologie spirituelle - Accablement 3 - Extraits de l'enseignement - Camisole de force 5 - Psychologie spirituelle - Etat d'exaltation mystique 4 - Anatomie spirituelle - Système physique Les apocryphes - Marsanes Romans - Le mirroir de Cassandre Gnoses - Le premier homme, aube d'un jour nouveau 5 - Psychologie spirituelle - Abattement 2 - Philosophie de la RCO - 03 - Nature et Royaume Divin 6 - Micro-Corpus Atomicus - Atome réflecteur 8 - Macro-Corpus atomicus - Astrosophie Gnose et éducation - L'école de la Roseraie 3 - Extraits de l'enseignement - ÉON – treizième 2009 - N°3 - La possibilité du bonheur 5 - Psychologie spirituelle - Etat de personnalité 3 - Extraits de l'enseignement - Calvaire 5 - Psychologie spirituelle - Etat d'homme Les apocryphes - Le concept de notre grande puissance 3 - Extraits de l'enseignement - Sources: Sanctuaire de la tête Chronologie - Chronologie du grand oeuvre de la Rose-Croix 5 - Psychologie spirituelle - Etat septuple Les apocryphes - Le traité de la résurection 2008 - n°5 - 2 - Les silencieux dispensateurs 5 - Psychologie spirituelle - Calomnie Islam - Centre Zahra - Gnose & Islam Eau, mémoire et transmutation - Eau diament 4/5 Gnose et médecine - Paracelse - La vie et l'oeuvre 3 - Extraits de l'enseignement - Les différents développements naturels humains 5 - Psychologie spirituelle - Etats différents Sciences - Histoire des Mathématiques 5 - Psychologie spirituelle - Jugement Gouvernement mondial: Le Grand Jeu - Rockefeller était informé du 11/09/2001 Krishnamurti - Dernier journal 3 - Extraits de l'enseignement - Souffrance de l'atome divin Education - L'unique nécessaire Hindouisme - Les Bhakti Sûtras de Narada 5 - Psychologie spirituelle - Abandon du passé Musique - Loreena McKennitt Les apocryphes - La sagesse de Jésus-Christ 4 - Anatomie spirituelle - Corps spirituel 3 - Extraits de l'enseignement - Source: plénitude gnostique Rose-Croix - Le Confessio Fraternitatis R.C. 2009 - N°4 - 09 - Mani : une ligne de conduite HP Blavatsky - H.P Blavatsky - La vie (Vidéo) 5 - Psychologie spirituelle - Acte Buddhaghosa - Buddhaghosa - Biographie 5 - Psychologie spirituelle - Etat d'être humain parfait 3 - Extraits de l'enseignement - Souffrance Christique Ere du Verseau - La Gnose des temps présents 5 - Psychologie spirituelle - Etat embryonnaire 4 - Anatomie spirituelle - Système cérébral Relativité - Supersciences: La machine à remonter le temps. 4 - Anatomie spirituelle - Pinéale et aura 1 - Ecole Rose-Croix d'Or - D-4. Les ouvrages de la Rose-Croix d'Or 5 - Psychologie spirituelle - Etat planétaire 5 - Psychologie spirituelle - Etat émotionnel 5 - Psychologie spirituelle - Accusateur et bourreau (Projection) 3 - Extraits de l'enseignement - Calamités Cinéma - Koyaanisqatsi Gnose et éducation - Education du IIIème millénaire Kabbale - Mélodies des Mondes Supérieurs 6 - Micro-Corpus Atomicus - Rayonnements Les apocryphes - Zostrien 4 - Anatomie spirituelle - Corps magnétique de la nature Catharisme - 3. Le témoignage de la fraternité Chakras, Pranas, Energies - How To See AURAs Hindouisme - La Bhagavad-Gîtâ Géométrie - L'univers est fractal 1 - Les serviteurs de l'occulte - Dépenses militaires record en 2008 4 - Petit manuel à l'usage des citoyens - 1.01 Comment échapper à la puce ? 3 - Petit manuel à l'usage des maîtres du monde - 1.08 - Concepts généraux de l'Energie Témoignages - La catharsis absolue - A.Koestler 3 - Petit manuel à l'usage des maîtres du monde - 1.07 - Le shock-testing Nouvel humanisme planétaire - Epidémie de bonheur Dossier Grippe A - Grippe A : L'OMS avance en secret 3 - Petit manuel à l'usage des maîtres du monde - 1.12 - Consentement, la première victoire Témoignages - Du renoncement à « Cela » - Y.Amar Témoignages - Carnets - Krishnamurti Gouvernement mondial: Le Grand Jeu - Dossier Paranormal du KGB Evènements - Civilisations du futur et futur des civilisations Gouvernement mondial: Le Grand Jeu - 1 - Quelques scénarios du Grand Jeu 1 - Les serviteurs de l'occulte - Diversion, la stratégie première Témoignages - Le rire divin - G.Bataille 2 - Bilan des maîtres du monde - Irak: la longue nuit Dossier Grippe A - 1.1 Synthèse sur la pandémie actuelle Gouvernement mondial: Le Grand Jeu - "1984" d'Orwell, là où nous mène le "libéral-fascisme"... Gouvernement mondial: Le Grand Jeu - "1984" d'Orwell, là où nous mène le "libéral-fascisme"... Gouvernement mondial: Le Grand Jeu - "1984" d'Orwell, là où nous mène le "libéral-fascisme"... Gouvernement mondial: Le Grand Jeu - "1984" d'Orwell, là où nous mène le "libéral-fascisme"... 3 - Petit manuel à l'usage des maîtres du monde - 1.13 - Diversion, la stratégie première 3 - Petit manuel à l'usage des maîtres du monde - 1.17 - Conclusions 1 - Présentation du site - a - Introduction 1 - Présentation du site - a - Introduction Dossier Grippe A - L'imposture de la grippe A (H1N1) dévoilée 3 - Extraits de l'enseignement - Source des troubles 5 - Psychologie spirituelle - Franc-Maçonnerie de la Pierre Angulaire 5 - Psychologie spirituelle - Etat matière 4 - Anatomie spirituelle - Le Sang 9 - Matière-Esprit - Substance de l'âme 5 - Psychologie spirituelle - Etat préparatoire 3 - Extraits de l'enseignement - Carré, la base magique 3 - Extraits de l'enseignement - La vie, une école d'expérience 1 - Ecole Rose-Croix d'Or - B-2. A qui s'adresse la Rose-Croix 2008 - n°5 - 3 - Histoires d’amour terrestres et célestes 6 - Micro-Corpus Atomicus - Rayonnements Zen & Zazen - Enseignants de Zen 3 - Extraits de l'enseignement - Les deux arbres et le serpent 5 - Psychologie spirituelle - Accomplir Gouvernement mondial: Le Grand Jeu - Grippe A - L' A-rnaque (Vidéo) Antonin Gadal - Antonin Gadal - Œuvres Témoignages - La méditation, sa plus belle évasion 3 - Extraits de l'enseignement - La femme Gnose & nature - Le cheval thérapeute: mirroir de nos émotions Les apocryphes - Evangile de Philippe Boite à idées Biophysique - Biophotons: Nos cellules communiquent par la lumière Chamanisme - Archontes, flyers et reptiliens. Par John Lash 4 - Anatomie spirituelle - Le sternum Les conseils de Rûmî Gnose et science - Le Microcosme et sa chute dans l'espace-temps. Nouveau site de THEOSMUNDA Yoga - Shiva Samhita 3 - Extraits de l'enseignement - Upanishad Gnose et éducation - Education du IIIème millénaire 6 - Micro-Corpus Atomicus - Atome - Unité de l'univers Dossier Grippe A - Combattre les effets du vaccin par le Dr Blaylock 2009 - N°4 - 05 - La prison des sens 5 - Psychologie spirituelle - Etat vibratoire 3 - Extraits de l'enseignement - Humanitarisme Avant propos Le cycle d'antioche - Le cycle d'antioche 5 - Psychologie spirituelle - Illusion 3 - Extraits de l'enseignement - Corps Ethérique - L'Ether mental ou réflecteur Tantrisme - De la dualité à l'unité par Paule Salomon 3 - Extraits de l'enseignement - Les deux arbres et le serpent 3 - Petit manuel à l'usage des maîtres du monde - 1.02 - Historique Antonin Gadal - Antonin Gadal - Biographie 3 - Extraits de l'enseignement - La femme Ecoles de l'âme - Ecole de psycho-anthropologie Catharisme - 3. Le témoignage de la fraternité Gustav Meyrink - G. Meyrink - Clés pour comprendre Meyrink 2/2 Les apocryphes - Evangile de Philippe Orient - Mani, Christ d'Orient, Bouddha d'Occident Géophyique - L'inversion des pôles a déjà commencé 3 - Extraits de l'enseignement - Le Prana 3 - Extraits de l'enseignement - Camisole de force 4 - Petit manuel à l'usage des citoyens - Plainte pour génocide et autres crimes contre l'humanité 3 - Petit manuel à l'usage des maîtres du monde - 1.07 - Le shock-testing 5 - Psychologie spirituelle - Etat déchu Kiu-Té - Le « Kâlachakra » Les apocryphes - L'évangile suivant Marie 3 - Extraits de l'enseignement - Satan 1 - Ecole Rose-Croix d'Or - A-5. Notions clés 6 - Micro-Corpus Atomicus - Atome - Bouton de rose 4 - Anatomie spirituelle - Corps physique nouveau 3 - Extraits de l'enseignement - Structure de l'atome Bouddhisme Originel - Le livre de Dzyan Tantrisme - La Vision Du Tantra - Margot ANAND 4 - Anatomie spirituelle - Corps de feu ou corps âme 3 - Extraits de l'enseignement - Caïn Gnose et sexualité - La séxualité: Elixir des Roses Croix (1) 3 - Extraits de l'enseignement - Commandements Activités - 1.0 Notre calendrier Tantrisme - Les deux voies du Tantrisme Histoire de la Gnose - La tradition de la Gnose en Angleterre Agnosticisme - Définition 5 - Psychologie spirituelle - Cachot des pensées Tantrisme - Du Sexe à la Conscience Divine par Diane Bellego 3 - Extraits de l'enseignement - Structure 3 - Extraits de l'enseignement - Symbole de l'incomplétude 4 - Anatomie spirituelle - Sympathique (le grand) 3 - Extraits de l'enseignement - Structure de l'atome Physique quantique - Origine de l'univers 1 - Les pouvoirs occultes - 1 - La véritable structure de la société Définitions de la Gnose - Qu'est-ce que la Connaissance (Gnose) ? Gnosticisme - Le Nycthéméron d'Apollonius de Tyane 4 - Anatomie spirituelle - Système intellectuel Mircea Eliade - Mircea Eliade - Biographie 3 - Extraits de l'enseignement - Camisole de force 045 - Cameroun - Rose-Croix d'Or 6 - Micro-Corpus Atomicus - Corps céleste 4 - Anatomie spirituelle - L'oeil Chasse aux sorcières - Rapport de l'ONU épinglant la France Bouddhisme Originel - Vinaya Pitaka - Citations Bouddhisme Originel - Vinaya Pitaka - Citations 3 - Extraits de l'enseignement - La création divine 5 - Psychologie spirituelle - Accusation 3 - Extraits de l'enseignement - Caducée 5 - Psychologie spirituelle - Illusion Bassui - Bassui - Biographie Bassui - Bassui - Biographie Apocryphes gnostiques - L'évangile de Judas 5 - Psychologie spirituelle - Accusation 5 - Psychologie spirituelle - Subconscient 1 - Présentation du site - c - Espace rédacteur
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